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Les réfugiés présentent un risque accru de schizophrénie

Migrants à Rostock, en Allemagne, avant leur traversée en ferry jusqu’à la Suède, le 12 novembre 2015 (image d’illustration) | BERND WUESTNECK/DPA/AFP

Migrants à Rostock, en Allemagne, avant leur traversée en ferry jusqu’à la Suède, le 12 novembre 2015 (image d’illustration) | BERND WUESTNECK/DPA/AFP

En Suède, trois fois plus de cas de schizophrénie sont repérés parmi les réfugiés que chez la population suédoise.

Les causes ne sont pas claires mais les conséquences connues: en plus de toutes leurs difficultés, les réfugiés sont confrontés à un risque accru de maladie mentale, et particulièrement de schizophrénie, qui les fragilise encore plus, démontre une étude du British Medical Journal publiée le 15 mars 2016 et repérée par le site du magazine Quartz et le site Europe1.fr.

Les chercheurs de  l’Institut Karolinska de Stockholm et de l’University College London (UCL) ont suivi entre 1998 et 2011 près de 1,3 million de personnes nées après 1984, dont 1,19 millions de Suédois, 24.123 réfugiés et 132.663 immigrés non réfugiés sur le territoire suédois. L’étude ne concerne donc pas les réfugiés arrivés récemment en Suède, notamment de Syrie.

Facteurs génétiques

Sur une population de référence de 10.000 personnes, 12 nouveaux cas de schizophrénie sont repérés chaque année parmi les réfugiés, une proportion trois fois supérieure aux personnes nées en Suède. Chez les immigrés non réfugiés, «seulement» huit cas sont diagnostiqués chaque année.

L’étude n’aboutit à aucune conclusion précise sur les raisons qui expliqueraient ce taux plus élevé mais avance quelques pistes. L’expérience traumatisante des réfugiés dans leur pays d’origine, la longue route vers le pays d’accueil, la solitude et les discriminations subies à l’arrivée pourraient expliquer qu’il y ait plus de schizophrènes parmi les réfugiés.

La schizophrénie s’origine en grande partie dans des prédispositions génétiques, qui contribueraient à 70-80% au développement de cette maladie, selon un expert interviewé par Quartz. Mais, pour Anna-Clara Hollander, de l’Institut Karolinska, citée par Quartz, «le risque considérablement accru chez les réfugiés montre que les expériences de la vie constituent un facteur de risque significatif de développement de la schizophrénie et d’autres psychoses».

 
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