Oups: une erreur du gouvernement US prouve qu'il cherchait à surveiller l'e-mail crypté de Snowden

Edward Snowden | Praxis Films

Edward Snowden | Praxis Films

L'adresse du lanceur d'alerte apparaît sur un des documents judiciaires liés à l'affaire Lavabit. Les faits remontent à l'été 2013, à la suite des premières révélations de Snowden sur la NSA.

Si beaucoup en étaient persuadés, personne n'avait jusque-là la preuve que le gouvernement visait précisément Edward Snowden quand il avait demandé à Lavabit –un service d'e-mails securisé– de l'aider à espionner un de ses utilisateurs. Enfin, ça c'était jusqu'à ce jeudi 17 mars et une grosse bourde des autorités fédérales américaines, remarquée par Wired:

«Elles se sont planté, et ont révélé le secret elles-mêmes quand elles ont un publié un cache des documents de l'affaire en cours, mais ont omis de supprimer un élément qui a permis d'identifier la cible: son adresse email, [email protected]

Sur les 560 pages de documents, elles ont oublié de noircir le nom une seule fois, indique The Register. Une fois de trop.

Le créateur de Lavabit, Ladar Levison, n'avait jamais eu le droit de dévoiler l'identité de la personne sur laquelle le gouvernement américain enquêtait. S'il révélait ce nom, on lui avait expliqué qu'il pouvait finir en prison. À l'été 2013, peu après les premières révélations Snowden, un juge avait exigé qu'il fournisse au gouvernement les métadonnées liées à l'activité e-mail d'un des clients. Ars Technica rappelle qu'au lieu d'obtempérer, Levison avait préférer fermer Lavabit. «Selon lui ce que le gouvernement cherchait aurait pu mettre en danger la vie privée de tous ses 410.000 utilisateurs.»

À la suite de cela, poursuit Wired, Ladar Levison avait poursuivi son combat pour que les documents judiciaires ne soient plus scellés ou expurgés de certaines informations.

«Il a déposé une requête en décembre demandant à une cour d'appel de révéler les documents et d'annuler une ordonnance de non-divulgation qui le réduisait au silence au sujet de la cible. Il se trouve qu'il a eu un peu plus de succès avec cette dernière demande qu'il ne le pensait –grâce à une erreur du gouvernement. Après une audience qui a eu lieu plus tôt cette année, un tribunal a rejeté sa requête, mais a ordonné aux avocats de republier tous “les actes de procédure déposés antérieurement, les retranscriptions et les ordonnances” et que tout soit lisible à l'exception de “l'identité de l'utilisateur et de son adresse e-mail”.»

Et c'est là que les autorités américaines se sont planté. L'adresse e-mail d'Edward Snowden a été oubliée dans le processus, sur un document datant d'août 2013. Ladar Levison n'aura même pas eu besoin de répondre. Le gouvernement américain s'en est chargé pour lui.

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