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En Australie, 20.000 téléphones sécurisés pour les femmes harcelées par leur conjoint

Les femmes harcelées ne doivent pas abandonner la technologie pour autant.  | Brian Jeffery Beggerly via Flickr CC License by Creative Commons 2.0

Les femmes harcelées ne doivent pas abandonner la technologie pour autant. | Brian Jeffery Beggerly via Flickr CC License by Creative Commons 2.0

Le Women’s Services Network veut enrayer l'essor du harcèlement domestique en ligne.

Apprendre à utiliser la technologie pour mieux se protéger. Le 17 mars 2016, l’organisme national australien de lutte contre la violence domestique et familiale, le Women’s Services Network (Wesnet), a annoncé que la compagnie téléphonique Telstra allait lui faire don de 20.000 smartphones lors des trois prochaines années. Le gouvernement australien donnera lui aussi un coup de pouce à hauteur de 1,6 million d’euros, rapporte Mashable. Le but: équiper les femmes sujettes aux violences domestiques de téléphones Android sécurisés. 

Ces appareils «utilisent un navigateur en mode privé» qui ne laisse «aucune trace dans l’historique»nous apprend Clubic. Le site souligne que ces téléphones sont équipés d’un système qui «permet de créer un mot de passe avancé pour chacun des comptes créés». De plus, aucun mot de passe ne peut être sauvegardé dans le téléphone, et il n’existe pas de journal d’activités.

Géolocalisation

Un mari violent ou abusif ne pourra donc pas contrôler le téléphone de sa femme. Pour la formatrice Karen Bentley, de l’organisation Wesnet, interrogée par Mashable, «un nombre croissant de femmes est victime de ce type de harcèlement depuis cinq ans»

En 2015, une étude australienne sur le harcèlement dans un contexte de violence domestique révélait que les moyens les plus utilisés par les hommes pour harceler leur compagne sont le SMS et Facebook. 

La géolocalisation disponible sur smartphone est également une technique commune. Ainsi, 40% des professionnels travaillant dans le secteur des violences domestiques reconnaissaient que les femmes faisant appel à eux étaient «parfois» pistées par leur mari et 34% affirmaient qu’elles l’étaient «souvent ou toujours», rappelle The Epoch Times.

«Le programme a aussi pour but de changer cette vision populaire qui consiste à dire que, si l’on est harcelées par le biais de la technologie, il faut arrêter d’y avoir recours», explique Karen Bentley à Mashable. Les appareils connectés peuvent d’ailleurs servir à «rassembler des preuves» pour pouvoir les utiliser dans une éventuelle procédure légale.

Mise à jour du 21 mars 2016: une première version de cet article indiquait par erreur que 40% des femmes victimes de violence domestique étaient parfois suivies par leur mari; ce sont en fait 40% des professionnels travaillant dans la lutte contre les violences conjugales qui font état de ce pistage des femmes par leur mari abusif par le biais de la géolocalisation.

 

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