Pour combattre les maladies, une usine chinoise va libérer 20 millions de moustiques par semaine

Mosquito / Tom via Flickr CC License by.

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Le but est de faire s'accoupler ces spécimens stériles avec d'autres infectés.

Quand il s’agit de trouver des responsables de la propagation de maladies, les moustiques se retrouvent régulièrement en première ligne, et à juste titre. Comme la dengue ou le chikungunya, le virus Zika est transmis par ces «nuisibles» et a déjà touché plus de 1,5 million de personnes au Brésil.

Mais alors que certains évoquent déjà l’idée de tenter d’éradiquer tous les moustiques, une usine chinoise a une idée légèrement différente. Le site Quartz rapporte qu’elle relâchera 20 millions de moustiques qu’elle a elle-même élevés chaque semaine dans le but de «sélectionner la population et éradiquer les maladies».

L’objectif affiché peut sembler ambition, voire même contre-productif étant donné que c’est par les moustiques que ces mêmes maladies se transmettent. Mais deux équipes de chercheurs des universités de Sun Yat-sen en Chine et de Michigan State aux États-Unis, qui travaillent justement dans cette usine assez spéciale, ont expliqué que leur méthode pourrait justement bloquer la croissance du nombre de moustiques infectés. «Ils élèvent des moustiques qui sont infectés avec la bactérie Wolbachia, qui produit des œufs infertiles quand ils se reproduisent avec des femelles dans la nature», explique Quartz. à long terme, ils espèrent empêcher les maladies de devenir épidémiques.

De nombreux pays intéressés

Pour y arriver, les moyens déployés sont impressionnants. «L’usine à moustiques» construite à Ghuangzhou fait 3.500 m2 et contient quatre ateliers capables de produire au total 20 millions de moustiques chaque semaine. Le premier test, effectué dans la région en mars 2015 avec la libération de 500.000 spécimens, a permis de diminuer la population de moustique de moitié en un peu plus d’un an. «500.000 moustiques est un nombre qui peut sembler impressionnant, mais en fait, il s’agit d’une goutte dans un océan», a expliqué Xi Zhiyong, l’un des auteurs de l’étude.

Ce genre de modifications semble avoir convaincu de nombreux pays puisque l’Australie, le Vietnam, le Brésil et l’Indonésie sont en train de lancer des programmes similaires. Le site Sciences et Avenir explique que les États-Unis pourraient aussi lâcher des moustiques génétiquement modifiés en Floride, justement pour lutter contre le virus Zika. 

«Ces moustiques Aedes aegypti OGM produits par la firme britannique Oxitec, explique le site, sont porteurs d'un gène qui écourte nettement leur vie et celle de leurs progénitures qui meurent avant l'âge adulte.»

La Food and Drug Administration (FDA) a donné son accord mais il faudra attendre plusieurs mois avant que le lâcher puisse officiellement se mettre en place.

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