Les tentatives désespérées des Républicains pour empêcher la nomination de Trump

Image extraite d'un clip de campagne anti-Trump.

Image extraite d'un clip de campagne anti-Trump.

Malgré un déluge de publicités contre lui, le milliardaire a remporté mardi au moins trois grosses primaires, dont celle de Floride.

Donald Trump est sorti majoritairement gagnant des primaires républicaines ce mardi 15 mars, avec, selon des résultats quasi-définitifs, 45,8% des voix en Floride, loin devant le sénateur de l'État Marco Rubio (27%), qui a annoncé qu'il se retirait de la course. Trump a aussi gagné avec 40,2% des voix en Caroline du Nord, 38,8% dans l'Illinois et était donné très légèrement en tête dans le Missouri (40,8%) où il était talonné par Ted Cruz (40,6%). Il a perdu dans l'Ohio, où John Kasich, le gouverneur de l'Etat, a remporté 46,8% des voix, contre 35,7% pour lui.

Ses victoires rendent sa nomination, il y a peu considérée comme impensable, de plus en plus probable, même si sa défaite dans l'Ohio rend possible la perspective d'une convention contestée. 

Afin d'essayer de freiner l'ascension de Trump, un groupe conservateur fondé par une ancienne conseillère de Mitt Romney avait pourtant payé plus de 5 millions de dollars pour diffuser des publicités anti Trump à la télévision avant les élections de mardi. L'une d'entre elles, particulièrement efficace, montre des actrices filmées en train de lire des phrases utilisées par Trump pour décrire les femmes.

Il y a «bimbo» et «grosse truie», mais aussi des citations plus longues telle que «les femmes, il faut les traiter comme de la merde», ou encore, à propos de l'ancienne candidate républicaine Carly Fiorina: «Regardez sa tête! Qui voudrait voter pour ça?» Le best of inclut aussi ses remarques sur la journaliste de Fox News Megyn Kelly, dont il avait suggéré qu'elle était en colère parce qu'elle avait ses règles: «Il y avait du sang qui sortait de ses yeux, du sang qui sortait de son... enfin bref».

Après ce déluge de commentaires sexistes, une des actrices regarde le téléspectateur et dit:

«C'est comme ça que Donald Trump parle de nos mères, de nos soeurs et de nos filles. Si vous pensez que l'Amérique mérite mieux, votez contre Donald Trump.»


Ce même Super PAC, un de ces comités d'action politique libres de contribuer financièrement aux campagnes, a aussi diffusé une autre vidéo sur la violence de la campagne de Donald Trump. On y voit le candidat milliardaire en train de dire à la foule lors d'un meeting: «Si vous voyez quelqu'un avec une tomate, défoncez-lui la gueule», ou encore, à propos d'un manifestant: «J'aimerais bien lui mettre mon poing dans la tête, je vous dis.» La conclusion est simple: «Donald Trump est trop impulsif et dangereux pour être président.»


Lors de son discours de victoire mardi soir, Trump a parlé sur scène aux côtés de son manager de campagne, Corey Lewandowski, qui est accusé d'avoir frappé une journaliste. Un signe que le milliardaire n'est pas vraiment enclin à condamner la violence au sein de son équipe.

Comme le rappelle Slate.com, les Super PAC républicains anti-Trump ont fortement augmenté leurs dépenses ces dernières semaines. Alors que ces groupes n'avaient dépensé que 1,3 million de dollars cet automne, rien qu'en mars, on est passé à plus de 25 millions de dollars, un bon baromètre de la peur face à la montée du candidat populiste.

Cependant, ces vidéos semblent avoir un effet limité sur la popularité de Trump. Rien qu'en Floride, les anti-Trump avaient dépensé près de 16 millions de dollars en publicités télévisées, alors que Trump, de loin le vainqueur, n'en avait dépensé que 2,2 millions.

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