Santé / Sciences

À mauvais sperme, mauvaise santé

Temps de lecture : 2 min

Beaucoup d'hommes infertiles affichent un risque accru de diabète et d'ostéoporose, ce qui peut diminuer leur espérance de vie

Human sperm stained for semen quality testing / Bobjgalindo via Wikimédia Commons.
Human sperm stained for semen quality testing / Bobjgalindo via Wikimédia Commons.

Dans le monde, environ 15% des couples rencontrent des problèmes de fertilité. Dans la moitié des cas, ces difficultés de conception viennent de l'homme et de la mauvaise qualité de son sperme.

Plusieurs études ont déjà observé combien l'infertilité était associée à des problèmes de santé plus génériques. Par exemple, les hommes infertiles vivent moins longtemps que la moyenne, sans que les causes de cette baisse de l'espérance de vie soient connues et que des marqueurs biochimiques aient pu être isolés, préalables à la mise en place de stratégies de prévention et de soins efficaces.

Les choses vont peut-être changer à la suite d'une récente étude en passe d'être publiée dans la revue Clinical Endocrinology. Menée par un groupe de chercheurs suédois, dirigé par le Pr. Aleksander Giwercman, l'étude s'est focalisée sur les taux de testostérone, d’hémoglobine glyquée (HbA1c, un marqueur du diabète) et sur la densité minérale osseuse de 192 hommes de moins de cinquante ans. Ces hommes fréquentaient le Centre de médecine reproductive du CHU Skåne (Malmö) pour des soucis de fertilité liés à une concentration spermatique trop faible. Les scientifiques les ont comparés à 199 autres d'âge similaire et normalement dotés en spermatozoïdes.

L'étude établit plusieurs corrélations. La première, c'est qu'une proportion importante d'hommes infertiles souffrent aussi d'hypogonadisme. En effet, un tiers des hommes infertiles analysés ont un taux de testostérone bien plus faible que la normale. Une proportion sept fois plus élevée que chez leurs congénères spermatiquement valides.

La seconde, c'est que les hommes infertiles ont une moindre densité osseuse –un risque de troubles osseux, dont l'ostéoporose, d'autant plus significatif chez les hypogonadiques et particulièrement mal étudié et pris en charge chez les hommes en général.

Enfin, une diminution de la testostérone semble aussi associée à une augmentation de l'HbA1c et à des signes plus importants de résistance à l'insuline, autant de marqueurs d'un risque élevé de diabète et autres maladies métaboliques.

Selon Aleksander Giwercman, cette étude devrait inciter au dosage hormonal de tous les hommes soignés pour des problèmes de fertilité:

«Ceux qui présentent un risque de maladies graves devraient être suivis après la fin de leur traitement.»

Pour le Pr. Jens Sønksen, membre du bureau scientifique de l'Association européenne d'urologie et œuvrant à la Faculté de médecine de Copenhague, l'étude est des plus intéressantes, tant elle laisse entendre que «l'infertilité des hommes de moins de 50 ans pourrait permettre de prédire l'apparition ultérieure de maladies métaboliques, dont le diabète, et de l'ostéoporose».

Une nouvelle preuve que la santé reproductive n'a rien d'accessoire –que ce soit chez les femmes ou chez les hommes.

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