Partager cet article

La vie moderne rend les jeunes déprimés et anxieux

Depression | Mateus Lucena via Flickr CC License by

Depression | Mateus Lucena via Flickr CC License by

Depuis les années 1930, la courbe qui mesure l’anxiété et la dépression des jeunes américains n’a cessé d’augmenter.

La vie moderne rend les jeunes malheureux: c’est la conclusion d’une scientifique américaine qui travaille sur le sujet depuis des années, interviewée par le New York Magazine. Jean Twenge, spécialiste de psychologie sociale à l’université de San Diego, a compilé les données de multiples études menées depuis des dizaines d’années. Toutes convergent vers un constat: les symptômes de la dépression et de l’anxiété ne cessent d’augmenter depuis quatre-vingts ans chez les jeunes américains. Et, selon elle, c’est la faute à la vie moderne, qui ne serait pas «bonne pour la santé mentale».

Les données les plus intéressantes sur ce sujet viennent du Minnesota Multiphasic Personality Inventory, qui ne mesure pas le nombre de diagnostics de dépressions et de troubles de l’anxiété mais les symptômes associés à ces troubles chez les lycéens et les étudiants de premier cycle (équivalent d’une licence). Selon Jean Twenge, il est préférable de regarder les symptômes, tels que la difficulté à dormir, les maux de tête ou la difficulté à respirer, qui sont peu susceptibles de varier dans le temps, tandis que la vision de la dépression et même la capacité à diagnostiquer la dépression a pu, elle, varier depuis toutes ces années.

Une fois ces données en main, on constate une augmentation constante depuis les années 1930 chez ces jeunes, comme on peut voir sur ce graphique tiré de l’étude de la chercheuse dans la revue Clinical Psychology:

Des individus isolés, qui s’intéressent à leur image

Pourquoi une telle augmentation? Pour Jean Twenge, une des explications réside dans le fait que nos sociétés individualistes mettent de plus en plus en avant des valeurs comme l’argent et l’image de soi qui sont associées à une augmentation du stress et de l’anxiété.

Mais le principal facteur selon elle est la désintégration de la cellule familiale. Alors qu’au début du XXe siècle on vivait dans de grandes familles, souvent avec les grands-parents, du moins avec de nombreux enfants, «les familles aujourd’hui sont plus petites, les divorces plus nombreux, et les gens se marient plus tard».

La chercheuse ne nie pas du tout que cela résulte d’avancées sociales, notamment pour les femmes, qui ont plus d’autonomie aujourd’hui. Mais, selon elle, nous n’avons pas encore compensé ces progrès sur le plan psychologique: «Il faut avoir conscience que le coût de plus de liberté et d’égalité, c’est une augmentation de l’anxiété et de la dépression.» Nous voilà prévenus.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte