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VIDÉOS. Ces enfants syriens n’ont connu de leur pays que la guerre

Deux enfants syriens rejoignent leur camp de réfugiés, à Atme, en Syrie, le 10 décembre 2012 | Freedom House via Flickr CC License by

Deux enfants syriens rejoignent leur camp de réfugiés, à Atme, en Syrie, le 10 décembre 2012 | Freedom House via Flickr CC License by

Les parents de cinq réfugiés syriens de 5 ans racontent ce qu’ils auraient aimé partager de leur pays avec eux.

À l’occasion du cinquième anniversaire de la guerre en Syrie, The Associated Press a rencontré cinq enfants, tous âgés de 5 ans.

Certains d’entre eux sont nés en Syrie, d’autres ont vu le jour dans des pays voisins. Tous ont fui la Syrie avec leurs parents, pour trouver la paix et recommencer leur vie. Un pays qui, depuis leur naissance, ne ressemble à rien d’autre qu’à un champ de ruines, où désolation et misère se côtoient tristement. Et qui a su offrir de beaux souvenirs à leurs parents, au temps où le ciel n’était pas fendu de tirs d’obus. Qu’est-ce que ces parents aimeraient que leurs enfants retiennent ou imaginent d’un pays qui n’était autrefois pas rythmé par le bruit des canons? Dans les camps de réfugiés où ils se trouvent, The Associated Press leur a posé la question.

1.«Avec nos voisins, nous n’étions qu’une seule famille»

 

Winda est née dans un village, près de Malikiyah, au nord de la Syrie, dans les terres kurdes. Elle et sa famille se sont réfugiés en août 2012 dans le camp de Kawergosk, près d’Erbil, au nord de l’Irak. Son père se souvient:

«Dans notre tradition, nous avions pour habitude de souvent recevoir des invités, ou d’être invités. Nous nous rassemblions et affrontions les problèmes ensemble. Avec nos voisins, nous n’étions qu’une seule famille. [...] Nous partagions avec autrui notre tristesse comme notre bonheur.»

2.«Nous l’emmènerions voir ses grands-parents»

 

Yasmine est née le 15 octobre 2011 dans la province d’Alep, au nord-ouest du pays, et n’a aucun souvenir de la Syrie. Dorénavant, la famille vit dans un camp de réfugiés à Qoub Elias, dans la plaine de la Bekaa, à l’est du Liban.

«Si nous étions en Syrie, j’emmènerais ma fille dans la maison où elle est née, mais qu’elle n’a pas connue», dit sa mère, Rukaya. «Yasmine ne connaît pas sa maison [...] Nous l’emmerions la lui montrer et lui ferions rencontrer ses grands-parents [...] ainsi que ses oncles», complète son père, Abdulkarim.

 

3.«Nous lui parlons souvent de la beauté de la Syrie»

 

Mustafa raconte souvent à son fils, Hamza, la beauté du pays dans lequel ils vivaient. En 2013, alors que Hamza est à l’école primaire, Mustafa, coach sportif, et sa femme, Suzan, fuient Alep avec leurs trois enfants. Ils trouvent refuge à Istanbul, en Turquie. Mustafa confie à The Associated Press:

«Nous parlons tout le temps à Hamza de la Syrie. Nous lui parlons de la beauté du pays, des ruines anciennes aux jolis marchés. La Syrie est un chef-d’œuvre artistique. C’est incomparable.»

4.«Je l’emmènerais à la piscine et lui apprendrais à nager»

 

Maria est née quatre mois avant que la guerre n’éclate. En compagnie de sa mère et sa sœur, elle tente d’aller en Allemagne, où le reste de leur famille les attend:

«Si la Syrie n’était pas en guerre, j’emmènerais Maria au restaurant durant les festivals. En été, je l’emmènerais à la piscine et lui apprendrais à nager. […] Vêtements, robes, jouets, je lui achèterais tout ce qu’elle désire. Elle n’aurait qu’à le montrer du doigt. [...]

 

Maria a grandi plus vite qu’elle ne l’aurait dû. J’espère juste pour elle qu’elle pourra être éduquée, de manière à pouvoir faire le bien dans le monde.»

5.«Ils devraient savoir qu’ils ont une maison»

 

Deux semaines après le début du conflit en Syrie, Tala est née dans la province sud de Deraa, près de la frontière jordanienne. C’était le 28 mars 2011. Sa mère, Doaa, rêve de retourner en Syrie pour élever sa fille:

«Nous n’étions pas riches mais pas pauvres non plus. Nous menions une vie confortable. Si Dieu le veut, elle vivra comme nous avons vécu. Nous ne voulons ni plus ni moins que cela.»

«Nos enfants se rappellent de la Syrie et nous leur répétons que “nous sommes syriens”. Peut-être que nous ne retournerons jamais au pays, mais peut-être que, eux, ils auront cette chance, donc ils devraient savoir qu’ils ont une maison, des parents et une terre qui les attend», affirme son père, Izhak.

Peut-être qu’un jour tous ces enfants pourront revenir dans ce pays qu’ils ne connaissent que par les récits de leurs parents.

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