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Shocking, les jeunes britanniques préfèrent courir plutôt que boire

Dans un pub londonien. AFP PHOTO / JUSTIN TALLIS

Dans un pub londonien. AFP PHOTO / JUSTIN TALLIS

Une révolution est en marche.

Les jeunes britanniques de moins de 25 ans préfèrent faire du jogging que boire des bières, et cette révolution culturelle au pays du «binge drinking» laisse les plus âgés circonspects. Alors que selon les chiffres de l’Insee britannique, deux tiers des 45-64 ans rapportent avoir bu au moins une fois au cours de la semaine écoulée, c’est le cas de moins de la moitié des plus jeunes.

Désormais, note Zoe Williams, éditorialiste au Guardian, on a plus de chance de croiser ces jeunes par groupes de joggeurs, l’air concentré dans une combinaison Lycra, mesurant leur performance et jetant un regard probablement empli de commisération pour le mode de vie et les habitudes de consommation des générations antérieures.

Quelque chose a changé, note la journaliste, puisque, pour sa génération, faire passer l’exercice physique avant l’entretien de sa vie sociale ­–comprendre: en allant boire des pintes– serait passé pour une véritable aliénation. Mais, comme une récente étude, déjà publiée dans le Guardian, expliquait que les «millennials» ont été objectivement floués si on compare la hausse de leur niveau de vie à celui de la moyenne des pays riches, il n’est pas question non plus de se lancer dans une vague critique de l’hygiénisme des jeunes.

Ce qui a changé, selon l’auteur, c’est le point auquel notre époque valorise l’autonomie et l’amélioration personnelle. De quoi faire peser sur chacun, à commencer par les plus jeunes, une implacable pression qui se traduit par cet esprit de sérieux compétitif qui désarçonne tant les baby-boomers. Il n’est plus question de s’amuser, ou alors à vos risques et périls. En conséquence, toutes les activités sociales dont la productivité ne peut être quantifiée, comme le fait d’aller boire un verre entre amis ou de discuter, est un risque que la jeune génération, plombée de surcroît par une importante dette étudiante dans les pays anglo-saxons, ne peut se permettre de prendre.

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