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Le meilleur candidat pour la Maison Blanche ne peut pas se présenter

Barack Obama, à Dallas (Texas), le 12 mars 2016. Mandel NGAN / AFP

Barack Obama, à Dallas (Texas), le 12 mars 2016. Mandel NGAN / AFP

Barack Obama ne peut se représenter en raison de la limite constitutionnelle des deux mandats.

Et si au lieu de choisir entre Hillary Clinton et Bernie Sanders, côté démocrate, les Américains avaient le droit à une troisième option? Pourquoi Barack Obama ne s'est-il pas lancé dans la course? En fait, l'actuel président ne peut se représenter en raison du 22e amendement de la Constitution américaine, interdisant à un président de passer plus de deux mandats à la Maison Blanche.

Le 22e amendement avait été ratifié en 1951, pour notamment éviter un nouveau Franklin Roosevelt, élu quatre fois de suite. Vox rappelle que jusque-là, aucun des présidents qui s'était représenté n'avait pu être élu une troisième fois. C'était le cas d'Ulysses Grant en 1880, Grover Cleveland en 1896, et Theodore Roosevelt en 1912.

Pourtant, Barack Obama pourrait bel et bien être le meilleur candidat pour le parti démocrate pour la présidentielle 2016. Après David Brooks dans le New York Times, il y a quelques semaines, qui regrettait déjà le président américain —malgré tous ses défauts—, c'est donc au tour de Matthew Yglesias, dans Vox, de prendre parti pour Obama, et de faire le procès du 22e amendement.

Il souligne notamment la popularité actuelle du président —plus élevée que celle de Clinton—, et en s'appuyant sur une étude menée sur les gouverneurs d'États américains, il explique que ceux qui en étaient à leur deuxième mandat et qui n'étaient pas limités par le nombre de mandats consécutifs s'en sortent mieux que les autres.

«Cela confirme que notre seul président à plus de deux mandats a été l'un des meilleurs de l'histoire, et que plusieurs présidents se présentant une troisième fois n'ont pas été élus. Pour se présenter et gagner plusieurs fois, il faut avoir un bon bilan. Et avoir des élus qui font un bon travail est une bonne chose, pas une mauvaise.»

Ces dernières années, au moins deux présidents élus à deux reprises se sont plaint de ne pouvoir se représenter pour un troisième mandat. Il s'agit de Bill Clinton et de Ronald Reagan.

Ce dernier expliquait dans les derniers jours de son second mandat qu'il souhaiterait supprimer cet amendement, non pas pour lui mais pour les prochains présidents qui feront face à cette limite.

Bill Clinton, qui lui avait succédé, avait été un peu moins radical, et estimé que pour «les générations futures, le 22e amendement devrait être modifié», mais pas supprimé. Il imaginait alors que dans quelques années, «on aura peut-être un président âgé de 45 ou 50 ans, et vingt ans plus tard, le pays fera peut-être face aux mêmes problèmes que ce président a affronté, et l'on souhaitera réélire cet homme ou cette femme».  

Pour autant, les historiens interrogés en 2003 estimaient alors qu'ils ne verraient pas une telle modification de leur vivant. Le professeur Brinkley de l'université de la Nouvelle Orléans avait même fini sur cette remarque:

«La seule façon de pouvoir revoir Bill Clinton à la Maison Blanche, ce sera s'il devient Premier Homme.»

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