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Pourquoi six scientifiques simulent un séjour d'un an sur Mars

Quartz

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La Nasa cherche à déterminer comment les humains gèrent l'isolement pour une future mission vers la planète rouge.

Ils sont seuls à flanc d'un volcan éteint d'Hawaï, leurs communications et leurs ressources sont limitées et ils ne peuvent qu'attendre que leur voyage se termine. Cette description pourrait être celle d'un nouveau jeu de télé-réalité, mais ce qui se passe dans ce volcan du Pacifique est bien plus passionnant et instructif.

Ces six scientifiques sont, en réalité, en train de recréer les conditions d'un séjour sur Mars, explique Quartz.

«Si la Nasa veut envoyer des humains sur la planète rouge d'ici les années 2030, elle devra les préparer à l'isolement de l'espace, où les livraisons prendront des mois à arriver et où le contact avec la Terre sera retardé de plusieurs minutes.»

Comme le détaillait Space.com, au lancement de cette mission, en août dernier, ils vivent également dans un environnement particulièrement restreint: un dôme de 11 mètres de large et de six mètres de haut.

«Ils n'auront aucun contact en face-à-face avec des humains en dehors de ce dôme. Il s'agit de la quatrième mission réalisée par le programme HI-SEAS (365 jours), et son but est de déterminer comment on répond à l'isolement qui accompagnerait un séjour sur Mars.»

Les volontaires —trois hommes et trois femmes de nationalités différentes— racontent dans une vidéo publiée sur Quartz comment ils ont vécu ces six premiers mois. L'astrobiologiste français Cyprien Verseuxqui avait raconté comment il avait appris les attentats du 13-novembre— explique, par exemple, qu'il aimerait bien parfois «enfiler une paire de baskets et aller courir dans la campagne, ou aller nager dans un lac, ou même faire des choses simples comme sentir l'odeur de la forêt après une averse, ou s'allonger dans l'herbe».

Même si les conditions sont beaucoup plus sûres actuellement que lors d'un futur séjour sur la planète rouge, les scientifiques et la Nasa savent néanmoins ce qui est en jeu ici, comme l'explique Andrzej Stewart:

«Ce que l'on simule ici, et ce qui est très réel, c'est l'isolement, la séparation de la Terre. Nous vivons vraiment isolés. Nous sommes vraiment confinés dans un petit espace. Nous sommes vraiment séparés de ceux que l'on aime.»

Il faut ajouter à cet isolement le fait que les volontaires savent que cette mission —aussi importante et instructive soit-elle— n'aura peut-être pas une grande place dans les livres d'histoire. Comme le souligne Cyprien Verseux, «sur Mars, on saurait que l'on écrit l'Histoire, alors qu'ici, on aura de la chance si l'on devient une note de bas de page dans un livre d'histoire».

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