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Elle rachète une à une les femmes yézidies enlevées par Daech

Temps de lecture : 2 min

Près de 5.000 avaient disparu après la prise de la ville de Sinjar, dans le Kurdistan irakien, en 2014.

Vian Dakhil le 9 décembre 2014. Crédit: SAUL LOEB / AFP
Vian Dakhil le 9 décembre 2014. Crédit: SAUL LOEB / AFP

C’est un projet fou, titanesque, et qui ressemble à la tâche accomplie par Sisyphe, qui roule sa pierre au sommet de la montagne, les Dieux la faisant tomber à chaque fois juste avant qu’elle n’atteigne son but. Vian Dakhil a entrepris d’acheter une par une les esclaves yézidies kidnappées par Daech. Elles ont beau être encore 2.200 retenues, cette députée irakienne ne se décourage pas, rapporte le journal suisse Le Temps.

Qui est Vian Dakhil? «Un nom presque inconnu mais qui en Irak est synonyme de lutte», nous apprend Atlantico, qui a fait son portrait l’an dernier. Elle a 43 ans, et c’est l’une des rares élues yézidies au parlement irakien. Son combat commence en 2014, lorsque les soldats de Daech s’emparent de la ville de Sinjar, dans le Kurdistan irakien. Elle prononce alors un discours retentissant au Parlement irakien, parlant de génocide, alertant sur les massacres imminents: «Mes frères, au nom de l’humanité, je vous en supplie, sauvez-nous!», lance-t-elle à l’assemblée.

La femme la plus recherchée d'Irak

Après la fin des combats dans la ville, les rescapés découvrent des centaines de cadavres, et des milliers de personnes ont disparu. Parmi ces manquants à l’appel, près de 5.000 femmes selon l’ONU, devenues épouses ou esclaves sexuelles des djihadistes. Vian Dakhil décide alors de racheter les femmes une par une. «Je paye entre 4.000 et 6.000 dollars par personne, un peu moins pour les enfants», affirme-t-elle au Temps.

Mais son courage fait d’elle une cible de l’organisation terroriste. «J'ai reçu des avertissements des autorités pour me signaler que j'étais désormais la femme la plus recherchée en Irak par l'EI», confiait-elle à Atlantico.

Slate.fr

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