Économie / Monde

Le pire investisseur du monde s’appelle Vladimir Poutine

Temps de lecture : 2 min

Les constats extrêmement alarmistes sur l’économie russe se multiplient.

Vladimir Poutine au Kremlin, le 10 mars 2016 | IVAN SEKRETAREV/POOL/AFP
Vladimir Poutine au Kremlin, le 10 mars 2016 | IVAN SEKRETAREV/POOL/AFP

Qui est le pire investisseur du monde depuis dix-huit mois? Selon l’homme d’affaires américain Andy Kessler, la réponse est simple: Vladimir Poutine, avec son «gigantesque portefeuille énergétique» victime de la crise des prix, ses «tonnes de dette» et «un pari monétaire qui a si mal tourné qu’il devrait être surnommé Vlad l’Empaleur» (oui, il s’agit bien d’une référence à Dracula). Sa tribune, publiée par le Wall Street Journal, détaille en longueur, chiffres à l’appui, les maux dont souffre l’économie russe, avant de conclure, assassine:

«En un siècle, la Russie a accueilli trois systèmes politiques qui ont échoué: la monarchie tsariste, le communisme et maintenant une kleptocratie. Avec un peu de chance, le peuple russe pourra peut-être choisir son système pour les cent années à venir.»

Les constats extrêmement alarmistes sur l’économie russe se sont multipliés en ce début d’année 2016, sans atteindre le niveau de virulence de celui de Kessler. «L’économie russe vacille, pourquoi Poutine sourit-il donc?» s’interrogeait ainsi l’agence Bloomberg, tandis que Forbes pointait l’impact négatif des persécutions sur les hommes d’affaire.

Malaise économique

Mi-février, notre spécialiste de la diplomatie Daniel Vernet pointait de la même manière les maux de l’économie russe, évoquant notamment «la guerre entre la télévision et le réfrigérateur», c’est-à-dire le fait que les bonnes nouvelles claironnées par le gouvernement ne se traduisent pas concrètement pour les ménages russes. Il ne voyait pas, pour l’instant, de conséquence politique à ce malaise économique:

«Jusqu’à maintenant, ce pessimisme n’a pas eu de traduction politique. L’opposition a été muselée et le sentiment patriotique exalté par les guerres en Ukraine et en Syrie. L’État a encore les moyens de calmer le mécontentement à coups de subventions publiques pour permettre à Vladimir Poutine de passer le cap des élections législatives en fin d’année.»

Dans le même ordre d’idée, Sergey Aleksashenko, ancien vice-président de la Banque centrale de Russie, estimait dans un entretien au Huffington Post que «l’insatisfaction économique allait continuer de croître, mais ne résulterait pas dans une tourmente politique».

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