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Pourquoi je donne du cannabis à mon fils de 9 ans

Le témoignage d'une mère américaine dans une expérience thérapeutique pour apaiser les souffrances de son fils autiste.

Mercredi 14 Octobre 2009
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Au printemps dernier, j'ai rédigé un article sur ma demande d'autorisation d'administrer de la marijuana à but thérapeutique à J., mon fils de 9 ans, qui souffre d'allergies, dans l'espoir de soulager ses douleurs abdominales et son anxiété à l'origine des démons qui le poussaient à se taper lui-même et à agresser les autres. Après avoir lu des études sur la manière dont le cannabis peut atténuer les douleurs et l'angoisse, et en accord avec son médecin, nous avons décidé de faire un essai. J'ai déjà raconté qu'au bout d'un mois de thé au cannabis et de mini-cookies à la marijuana (mon mari a découvert le pâtissier qui sommeillait en lui), il nous semblait que J. avait l'air plus heureux. Mais c'était difficile à dire. Il passait une bonne matinée, et puis au déjeuner il se remettait à envoyer valser sa nourriture. Nous remarquions pourtant qu'en rentrant de l'école, quand il avait mal au ventre (on ne lui administrait aucune dose de cannabis là-bas), il courait à la cuisine et réclamait son thé et ses cookies. Comme s'il savait que c'était ce qui atténuait ses épouvantables crampes intestinales.

Et aujourd'hui, quatre mois après le début de notre expérience avec le cannabis, comment va J.? Eh bien, un soir, il n'y a pas longtemps, il est revenu de l'école et j'ai remarqué qu'un grand changement s'était produit: sa chemise était intacte.

Avant la marijuana, J. mangeait des choses qui n'étaient pas comestibles. Cette pratique a un nom: le pica (le pica pousse certaines femmes enceintes à manger de la craie ou de l'amidon). J. mâchait le col de ses t-shirts tout en arrachant furtivement le tissu de bas en haut, qu'il détissait avant d'en avaler les fils. Quand j'allais le chercher à l'arrêt de bus après l'école, tout le devant de sa chemise avait disparu. Son pica était devenu si incontrôlable que nous ne pouvions pas le laisser dormir avec un haut de pyjama (il aurait disparu au matin) ou un oreiller (pareil pour la taie et la garniture). Un ancien édredon de famille a été réduit en lambeaux, et il a même réussi à faire des trous dans une couverture en polaire avec les dents -son régime bio en a pris un coup. Je me suis mise à ne le vêtir que de hauts en coton bio, mais nous n'avions pas les moyens d'en acheter un par jour. Le pire était de le voir crier de douleur aux toilettes, quand ce qui était entré devait ressortir. Je faisais des cauchemars où de longs fils faisaient des nœuds autour d'organes digestifs (bienvenue dans notre vie privée !)

Presque immédiatement après le début des prises de cannabis, le pica a disparu. D'un coup. J. dort à présent avec son édredon hypoallergénique en coton et laine bio, qui semble appeler au mâchonnage. Il le tire jusque sous son menton le soir et déclare: «Je suis bien confortable !»

Moins d'agressions

Ensuite, nous avons commencé à constater des changements sur les bulletins scolaires de J. Son programme est basé sur une thérapie appelée l'analyse comportementale appliquée, qui implique, comme son nom l'indique, une analyse méticuleuse des données. Lors d'une réunion de parents au mois d'août (l'année scolaire de J. est plus longue que les cursus classiques), son professeur a présenté avec enthousiasme son bilan «d'agressions» pour juin et juillet. Une agression est définie comme la tentative ou l'acte de frapper, donner un coup de pied, mordre ou pincer une autre personne. Toute l'année dernière, chaque journée d'école était immanquablement marquée par 30 à 50 agressions, et un jour il est même monté jusqu'à 300. Le tableau de juin et juillet, en revanche, montrait qu'il passait parfois des journées entières -voire plusieurs d'affilée- sans la moindre agression.

Autre preuve: le bus. Ces dernières années, l'arrivée du bus scolaire de J. avait été le moment le plus traumatisant et imprévisible de notre journée. J. s'est déjà jeté dans le bus pour frapper le conducteur au visage. Il s'est bagarré avec les assistantes et a essayé de les mordre. Son comportement faisait naître le pire chez les autres: une surveillante du bus (nous plaisantions en disant qu'elle aurait mieux fait d'aller travailler à la prison locale), qui semblait n'aimer aucun des enfants, le traitait d'une façon particulièrement méprisante, allant jusqu'à l'insulter, une fois même en notre présence.

Cet été, une nouvelle équipe d'aides et de conducteurs a fait son apparition. J'ai réalisé que ces gens ne connaissaient que «Cannabis J.»-un enfant aux yeux pétillants qui leur dit bonjour tous les matins, va tranquillement s'asseoir et essaie même d'aider à boucler sa ceinture.

Un jour, alors que l'assistante habituelle de J. était malade, une dame avec un sourire planant a gentiment accompagné J. à sa descente du bus. Elle me disait quelque chose; et après avoir replacé une méchante grimace renfrognée sur son visage, je me suis écriée à l'intention de mon mari alors que le bus s'éloignait: «C'était elle, pas vrai?» Nous avons ri, sous le regard de J. «C'est rigolo!» a-t-il déclaré.

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Vices et vertus

Voilà une nouvelle fois un témoignage concernant les vertus thérapeutique du cannabis, reconnu dans un certain nombre de pays, en Suisse au demeurant, dans 13 états des Etats Unis, sous sa forme médicamenteuse (Marinol) contre le glaucome, la sclérose en plaque, certain cas de cancer, développer l'appétit chez les sidéens.... mais en France, toujours sous le coup de cette loi d'un autre age, cette reconnaissance est royalement ignoré et même méprisé. En dépit des traités médicaux, l'ordonnance d'un médecin suisse ne sera pas reconnu en France et son patient traité comme un trafiquant s'il passe la frontière avec du cannabis acheté légalement. La France, un des plus gros consommateur d'anti dépresseur d'Europe et dont la seconde cause de mortalité est le suicide, préfère la diabolisation. Par voie de conséquence, dramatique, aucun contrôle n'est fait sur les produits (ni d'ailleurs aux Pays Bas), les taux de THC augmentent sauvagement et la consommation prend des proportions affolante, d'autant affolante quand des produits deviennent littéralement dangereux, comme si on laissait de l'alcool de bois circuler ou qu'un degré d'alcool n'avait aucune importance. Le comportement de l'état est à l'ostracisme et la criminalisation, or au demeurant, tandis qu'OCB a vu ses ventes de papier exploser avec la mise en circulation de sa gamme Slim (du reste parfaitement illégal au regard de la loi), ce comportant est non seulement criminel mais il laisse tout loisir de s'installer une économie souterraine. Pendant ce temps le journal de vingt heure peut se moquer de la légalisation progressive en Californie en mettant l'accent sur les profits et en occultant soigneusement les vertus médicinales. Un jour ce pays sortira de son moyen age et réalisera que les années 70 sont morte avec De Gaulle... un jour...

On devrait inventer une religion avec un seul commandement : profite de la vie
Se faire traiter de con par un imbécile est un plaisir de goumet.

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