Le secret de Trump pour gagner le Michigan: des promesses irréalistes aux travailleurs

SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP.

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Donald Trump a remporté la primaire républicaine du Michigan, mardi 8 mars, avec 36,5% des voix, devant Ted Cruz (24,9%), John Kasich, le gouverneur de l'État voisin de l'Ohio (24,3%), et Marco Rubio (9,3%). Le milliardaire new-yorkais a aussi gagné dans le Mississippi, mais c'est sa première victoire dans un Etat du Midwest industriel comme le Michigan qui importe: plusieurs primaires auront lieu le 15 mars dans trois autres Etats post-industriels de la «Rust Belt», où l'électorat est similaire.

Dans cet Etat qui a connu de nombreuses fermetures d'usines dûes aux délocalisations, le discours protectionniste et anti libre-échange de Trump a bien fonctionné. Comme le note le New York Times, la stratégie de Trump a été de cibler les «Reagan Democrats», ces électeurs blancs des classes populaires qui ont cessé de voter démocrate dans les années 1980 car ils ont eu l'impression que le parti s'intéressait trop aux minorités ethniques.

Plusieurs électeurs qui avaient toujours voté démocrate ont raconté au New York Times qu'ils avaient changé de camp pour soutenir Trump, notamment en raison de son protectionnisme et de ses propositions en matière d'immigration (faire expulser les 11 millions de sans papiers latinos).

Bernie Sanders, qui a remporté une victoire surprise dans le Michigan avec 49,9% des voix, et Hillary Clinton (48,2%) se battaient pour attirer ce même type d'électeurs, et comme Trump, Sanders avait critiqué les accords de libre-échange soutenus par Clinton. Dans les pages du quotidien Detroit Free Press, il avait récemment écrit à propos de Detroit:

«Le libre-échange sans entraves a transformé cette ville de la classe moyenne anciennement prospère, où les habitants pouvaient être propriétaires de leur logement, élever leurs enfants et avoir des retraites garanties en un endroit où il n'y a plus de bons emplois et où le taux de pauvreté extrême est élevé.»

Mais alors que Sanders se contente de rappeler qu'il s'est toujours opposé à des accords de libre-échange comme l'Alena, Trump a une approche différente: il fait des promesses intenables. Ces derniers mois, il a plusieurs fois déclaré qu'il forcerait Apple à construire ses ordinateurs aux Etats-Unis et il a annoncé une taxe de 35% sur les voitures Ford fabriquées au Mexique. Comme le rappelle le New York Times, le président n'a pas le pouvoir de changer ainsi les taxes d'importation et selon des experts, même si le Congrès était d'accord, cela mènera à une guerre commerciale problématique.

Mais lors d'un récent meeting dans le Michigan, Trump ne s'est pas embarrassé de ces avertissements, et a expliqué que son projet était tout simplement de menacer les dirigeants de l'industrie automobile avec cette taxe de 35%: 

«Et ils me diront, "M. le président, on va revenir. Est-ce que vous voulez qu'on vienne dans le Michigan?". Je dirai: "Oui, je veux que vous reveniez dans le Michigan".»

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