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Le changement climatique menace bananes, maïs et haricots en Afrique

Bananes et ignames sur un marché camerounais | SarahTz via Flickr CC License by

Bananes et ignames sur un marché camerounais | SarahTz via Flickr CC License by

Les chercheurs estiment qu’il faut transformer et adapter l’agriculture.

Le réchauffement climatique menace la sécurité alimentaire de nombreux habitants de la planète et la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) lance régulièrement des alertes à ce sujet. Des chercheurs se sont penchés plus précisément sur le cas des pays d’Afrique subsaharienne.

Leur étude, publiée le 7 mars dans la revue Nature Climate Change, examine, région par région, l’effet probable de différents scénarios de changement climatique, sur les neuf cultures qui constituent 50% de la production alimentaire de la zone (bananes, manioc, haricots, arachides, maïs, sorgho, ignames, mil perle et mil rouge).

Six des neuf cultures étudiées devraient rester assez stables dans différents scénarios de changement climatique (même si elles pourraient connaître des baisses de rendement). Mais jusqu’à 30% des zones de culture de maïs et de bananes et jusqu’à 60% des zones de culture de haricots pourraient devenir non viables d’ici la fin du siècle.

Retards de croissance et malnutrition

Dans certains endroits, la transformation apparaîtra dès 2025... Ce qui pourrait avoir des conséquences graves sur les moyens de subsistance des agriculteurs et la sécurité alimentaire des habitants, notamment parce que les haricots sont une source de protéines importante. Julian Ramirez-Villegas, auteur principal de l’étude, explique au Guardian que «cela pourrait probablement augmenter les taux de retard de croissance et la malnutrition».

Alors les chercheurs estiment qu’il faut transformer et adapter l’agriculture, par divers moyens: trouver des cultures de substitution plus résistantes à la chaleur, se diriger vers d’autres moyens de subsistance, améliorer les systèmes d’irrigation et les méthodes agronomiques, voire déplacer des cultures. 

Julian Ramirez-Villegas affirme que ce travail «nous dit où, et fondamentalement quand, des interventions doivent être faites pour arrêter en Afrique la destruction, liée au changement climatique, d’approvisionnements alimentaires vitaux. Nous savons ce qui doit être fait, et pour la première fois, nous avons des délais pour prendre des mesures».

Les chercheurs donnent des exemples d’inititiatives qui fonctionnent déjà bien, comme la mise en place au Sénégal de services d’informations sur le climat pour plus de 7 millions de personnes en milieu rural, par l’intermédiaire de SMS et de radio, leur permettant de prendre de meilleures décisions agricoles. Ou encore le développement de «cultures intercalaires» (deux types de plantations dans un même champ) du café et des bananes en Ouganda, ce qui a augmenté les revenus tout en renforcant la résilience au changement climatique.

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