Égalités / Sciences

Si les femmes fuient les sciences, c’est aussi à cause du harcèlement sexuel

Temps de lecture : 2 min

Nombreuses sont les jeunes femmes scientifiques qui subissent des pressions de la part de leurs collègues ou supérieurs hiérarchiques masculins.

Il n’est pas étonnant qu’il y ait si peu de femmes dans les sciences | Intel Free Press via Flickr CC License by

Et si les femmes fuyaient les sciences dures en raison des pressions et du harcèlement sexuel qu’elles subissent dans les laboratoires et à l’université? C’est la thèse de Hope Jahren, professeure de biologie à l’université de Hawaï. Dans le New York Times, elle résume un email reçu par une de ses étudiantes de la part d’un collègue plus âgé:

«Puis-je vous faire part de quelque chose de très personnel? Depuis le premier jour où je vous ai vue, il n’y a pas eu un seul jour ni une seule heure où je n’ai pensé à vous. [...] J’ai fait tant de choses pour vous. Être à vos côtés est à la fois merveilleux et frustrant. [...] Les choses sont ainsi, et vous allez devoir vous y faire, jusqu’à ce que l’un d’entre nous parte.»

Tentatives d’intimidation

Ce genre de missive n’est pas isolée, explique Hope Jahren. Sa boîte de réception déborde d’appels au secours de ce type, de jeunes femmes désemparées qui ne savent comment gérer ces pressions de leurs collègues, parfois de leurs supérieurs, quand ce n’est pas leur directeur de thèse. À tel point, selon la professeure, que le harcèlement sexuel est une des causes majeures de l’éloignement des femmes des sciences, affirme la spécialiste.

Peu d’études ont été réalisées mais l’université de Washington a interrogé ses élèves entre 1991 et 1996 pour comprendre pourquoi les jeunes femmes arrêtaient les sciences. Leur départ ne s’explique pas par les notes: les sortantes n’étaient pas moins bien notées que les autres. En revanche, la très grande majorité des étudiantes avaient rapporté un sentiment d’isolement et des tentatives d’intimidation. Une autre étude datant de 1995, portant sur un échantillon de 191 étudiantes, indique que 12% d’entre elles ont vécu un tel harcèlement sexuel au début de leur carrière.

«Chantage émotionnel»

«Ma propre expérience d’étudiante, de scientifique et d’enseignante m’indique qu’un tel harcèlement sexuel est courant», affirme Hope Jahren.

Ce qui fournit une conclusion pessimiste à Stassa Edwards dans le magazine Jezebel:

«Pas étonnant qu’il y ait si peu de femmes dans les sciences. Devoir sans cesse faire des alliances stratégiques pour obtenir un poste et devoir composer avec un chantage émotionnel constant, alors que la charge de travail est déjà lourde, ça a l’air totalement crevant.»

Slate.fr

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