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En primaire, les devoirs dépriment enfants et parents (pour rien)

Les devoirs en école primaire démoralisent les élèves.  | Hades2k via Flickr CC License by Creative Commons 2.0

Les devoirs en école primaire démoralisent les élèves. | Hades2k via Flickr CC License by Creative Commons 2.0

Stress, déprime et mauvais rapport à l'enseignement. Les devoirs à la maison sont une bataille quotidienne.

Parler aux étrangers, c'est bien. Non, on n'est pas obligé d'embrasser sa grand-mère. Les princesses sont de bons modèles. Dans son nouveau livre It's OK to Go Up the Slide –littéralement «Ce n'est pas grave de remonter le toboggan», la spécialiste de l'enfance Heather Shumaker entend redéfinir les règles édictées aux enfants. Dans son viseur également: les devoirs donnés à faire chez soi en école primaire, comme elle l'explique dans un billet publié sur Salon.com

On le sait, en France, les consignes sont claires sur le sujet. Les devoirs à la maison en école primaire sont fortement déconseillés. Selon le site officiel de l'administration française:

Un enseignant peut donner à ses élèves:

  • un travail oral (lecture ou recherche par exemple),
  • ou des leçons à apprendre à la maison.

Il doit éviter de donner à faire à ses élèves un travail écrit à la maison.

Toutefois, la recommandation est largement ignorée par de nombreux professeurs. Heather Shumaker rappelle pourtant qu'à cet âge, les devoirs ont un effet néfaste sur les enfants, qui commencent à peine leur parcours scolaire. «Ils peuvent braquer les enfants contre l'école, les travaux faits à la maison ou plus simplement leur soif d'apprendre.» Les devoirs à cet âge impliquent également une participation des parents, qui se transforment en «patrouille des devoirs». Le temps consacré à surveiller que les enfants fassent leur travail ou à les aider pourrait ainsi être employé à «créer des liens et se soutenir à la fin de la journée.» Enfin, selon Shumaker, les enfants se reposent sur la présence parentale, ce qui les déresponsabilise.

En 2012, les professeurs australiens Richard Walker et Mike Horsley publiaient Reforming Homework (Palgrave Macmillan, 2012). Ils affirmaient que donner des devoirs aux élèves d'école primaire n'avait «pas ou peu de valeur en terme de réussite scolaire». Il fallait attendre le lycée pour que ce travail supplémentaire commence réellement à payer.

Bien que la contre-productivité des devoirs à la maison continue à faire débat, elle a été pointée du doigt depuis plus d'un demi-siècle. En 1956 déjà, la circulaire du 29 décembre de la même année annonçait qu'«aucun devoir écrit, soit obligatoire, soit facultatif, ne sera demandé aux élèves hors de la classe».

 
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