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Cet homme est un cyborg: il «entend» les couleurs grâce à un implant

Neil Harbisson et son antenne en 2012 | Campus Party Brasil via Flickr CC License by

Neil Harbisson et son antenne en 2012 | Campus Party Brasil via Flickr CC License by

Neil Harbisson a depuis plus de dix ans une antenne implantée sur son crâne qui lui permet de ne plus voir le monde en noir et blanc.

Aux Émirats arabes unis, à l’occasion du Dubaï Canvas Festival, l’artiste Neil Harbisson a décidé d’offrir son interprétation musicale des couleurs de la ville. Neil Harbisson se définit lui-même comme un cyborg: lui qui est né achromate, c’est-à-dire atteint d’une pathologie du système visuel lui faisant voir le monde en noir et blanc, porte depuis 2004 une antenne sur son crâne qui lui permet d’«entendre» les couleurs. Une antenne qu’il ne peut débrancher (il peut seulement mettre ses mains devant, comme s’il se cachait les yeux) et qu’il perçoit comme faisant partie de lui, précise-t-il dans une interview à France 24:

«L’antenne n’est pas un appareil mais une partie de mon corps, je sens que le logiciel est une extension de mes sens.»

 

Comme l’explique le site IFLScience, l’antenne associe à chaque longueur d’onde (y compris celles des ultraviolets et des infrarouges, invisibles à l’œil humain) une fréquence. Le mécanisme vibre et, ainsi, par conduction osseuse, l’oreille interne de Neil Harbisson perçoit les couleurs qui lui font face. Mais aussi celles que ses amis (il en a sélectionné cinq, un par continent) lui envoient par internet et que l’antenne lui permet de ressentir sans même passer par la vue, explique-t-il à France 24. «Je peux sentir directement ces images et je me sens comme si j’étais devant.» Car, depuis le temps, Neil Harbisson sait reconnaître chaque vibration:

«Je ressens la couleur, poursuit-il dans cet entretien vidéo. Si j’étais complètement sourd, je pourrais toujours différencier les couleurs.»

Le son des lèvres

Il a aussi mis en place une application pour smartphone permettant aux personnes dans sa condition d’entendre les couleurs. Son nom: EyeBorg. Dans la vidéo, la journaliste de France 24 nous fait entendre le son associé à un rose vif. Réaction de l’artiste cyborg: «Les lèvres de certaines personnes font ce son, donc c’est du rose pétant.» Le vert, au milieu du spectre, correspond à la note la. Le bleu, lui, s’entend do, comme l’indique le tableau ci-dessous.

Les correspondances entre couleurs et fréquences (à gauche), ce que perçoit Neil Harbisson par le biais de son antenne et celles entre les couleurs et les notes de musique (à droite), comme dans l’application EyeBorg (do = C, ré = D, mi = E, fa = f, sol = G, la = A et si = B)

Résultat: l’artiste est capable de faire des portraits musicaux des personnes ou des villes (comme Dubaï) en retransmettant ce qu’il «entend» par le biais de son antenne. «Je peux écrire les notes du visage d’une personne, j’écoute le son de ses yeux, de ses cheveux, de ses lèvres. Chaque personne sonne différemment», explique-t-il à France 24. Et, inversement, quand il entend de la musique, il associe automatiquement à chaque note une couleur. Il peut alors peindre alors ce qu’il entend, que ce soit Justin Bieber (dont il s’amuse à observer le parcours musical à travers les couleurs de ses chansons) ou Mozart, dont les morceaux, tout au long de sa vie, ont une prédominance de jaune (la note sol). Un bel exemple de synesthésie.

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