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D’ici la fin du siècle, il y aura plus de morts que de vivants sur Facebook

Il arrivera bien un jour où le nombre de morts avec un compte Facebook dépassera celui des utilisateurs encore en vie | Jeff Keyzer via Flickr CC License by

Il arrivera bien un jour où le nombre de morts avec un compte Facebook dépassera celui des utilisateurs encore en vie | Jeff Keyzer via Flickr CC License by

D’après une estimation statistique, en 2098, Facebook sera à plus de 50% un cimetière virtuel.

Sur Terre, il y a quatorze fois plus de morts que de vivants. On estime que, depuis le début de l’humanité, 108,2 milliards individus sont nés et 93% d’entre eux sont morts. Sur Facebook, le ratio n’est pas encore le même –le réseau social ayant été créé en 2004. Mais il arrivera bien un jour où le nombre de morts avec un compte Facebook dépassera celui des utilisateurs encore en vie. Et, selon le site Fusion, ce jour arrivera en 2098.

C’est le doctorant en statistiques à l’Université du Massachusetts Hachem Saddiki qui a planché sur le sujet à la demande de Fusion. Pour arriver à cette estimation, il s’est fondé sur la croissance du nombre d’utilisateurs Facebook (qui a atteint le seuil de 1,5 milliard en novembre 2015), leur profil démographique (en janvier 2015, selon Statista, 26% des utilisateurs Facebook aux États-Unis avaient entre 18 et 24 ans et 10,6% avaient plus de 65 ans) et le taux de mortalité des Centers for Disease Control (agence gouvernementale américaine en charge de la protection de la santé publique).

Ratio morts-vivants

Cette estimation a forcément quelques lacunes. Ne serait-ce que parce que Hachem Saddiki a considéré que tous les profils d’utilisateurs trouvant la mort serviraient de mémorial pour leurs proches. Or, si le réseau social fait aussi office de «pierre tombale virtuelle», comme nous vous l’expliquions dès 2010, tous les profils des utilisateurs décédés ne deviennent pas automatiquement un lieu de recueillement pour leurs proches; et certains (on ne sait dans quelle proportion) vont être supprimés, à la demande des survivants, ce qui fausserait le ratio morts-vivants sur Facebook.

Autres faiblesses de ces calculs: le taux de mortalité aux États-Unis ne saurait être généralisé à l’ensemble des utilisateurs de Facebook; et Hachem Saddiki a aussi considéré que le nombre d’utilisateurs Facebook, jusqu’alors en croissance exponentielle, atteindrait sous peu un plateau (sachant qu’aux États-Unis 72% des individus avec une connexion internet ont un compte Facebook) mais il reste difficile de prévoir quand cette stagnation interviendra.

Si l’on ne peut estimer, comme le souligne Fusion, avec précision la croissance des utilisateurs Facebook ni leur taux de mortalité (Facebook ayant refusé de communiquer au site le nombre d’utilisateurs morts à ce jour), on sait que, en 2014, 53% des utilisateurs Facebook avaient entre 16 et 34 ans. Un jour, ils mourront. Probablement d’ici la fin du XXIe siècle. Reste encore à savoir si le réseau social leur aura survécu.

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