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Donald Trump inspire les leaders de la droite française décomplexée

Donald Trump | Gage Skidmore via Flickr CC License by

Donald Trump | Gage Skidmore via Flickr CC License by

... et de l'extrême droite européenne sans complexe

A mesure que son avance dans les primaires se confirme, le candidat républicain Donald Trump donne des idées aux leaders politiques de la droite française. Un article du Monde se penche sur la manière dont Nicolas Sarkozy, distancé dans les sondages sur les intentions de vote à la primaire à droite par Alain Juppé, s’approprie un argumentaire à la Trump pour faire mentir ces sombres pronostics. Dans la bouche de l’ancien président de la République, «le maire de Bordeaux serait “le candidat du système”, “des élites” et “des médias”, alors que lui serait le “candidat du peuple”», lit-on dans le quotidien.

En s'inscrivant dans la continuité du candidat américain, Sarkozy veut –se– convaincre que les cartes peuvent encore être rebattues d'ici novembre, dans la mesure où, il y a un an, personne ne prenait vraiment la candidature de Donald Trump au sérieux...  Au début du mois, Laurent Wauquiez a lui aussi, à l'occasion d'un passage sur France 2, admis que le milliardaire américain l’inspirait, et que son succès tenait à ce qu’il «aborde un certain nombre de thèmes qui étaient plutôt tabouisés»

Ce sont donc les tenants en France d'une ligne dure, ou dite «décomplexée», que Trump inspire le plus (ou le plus ouvertement). Le site Bloomberg voit pour sa part des similitudes entre le discours et les positions de Donald Trump et les leaders des partis d’extrême droite européens, ce que le magazine qualifie d’émergence de candidats «Euro-Trumps». A première vue, on penserait à Silvio Berlusconi pour camper un Trump européen, mais Bloomberg rappelle que s'ils se ressemblent par leurs styles personnels, les deux hommes sont opposés sur le fond, Berlusconi étant un libéral conservateur classique là où Trump défend des propositions protectionnistes. De part et d’autre de l’Atlantique, les «trumpiens» ont un discours qui parle à ceux qui se considèrent comme les perdants de la mondialisation, inquiets à la fois du contexte économique et de la montée du multiculturalisme.

Mais c’est bien sûr la présence de l’immigration comme thème de premier plan des débats depuis la crise des réfugiés qui autorise le rapprochement entre les différentes scènes politiques nationales. Le rejet de l'immigration est un trait commun à l’électorat séduit par Trump aux Etats-Unis comme à ceux des partis comme UKIP, le Parti du Peuple danois, les Démocrates Suédois ou le FN en Europe, poursuit Bloomberg.

En clair, résume le site, la ligne politique de Trump, «mix de nativisme [doctrine qui prône la préférence pour les autochtones sur les immigrants récents] et de protectionnisme s'est révélée être une formule gagnante pour les partis d'extrême droite sur le continent» européen.

Le fondateur et ancien président du FN, Jean-Marie Le Pen, a récemment annoncé qu'il voterait Trump s'il était américain. Un soutien finalement peu surprenant venant d'un leader politique qui a précisément bati sa carrière sur les outrances verbales bien avant l'avènement de Donald Trump.

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