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Apple et les géants de la high-tech, une alliance à 2.650 milliards de dollars contre le FBI

Andrew Burton / AFP.

Andrew Burton / AFP.

De nombreuses entreprises majeures du numérique ont affirmé leur soutien au groupe de Tim Cook, formant une alliance d’une puissance économique rare.

Nouveau chapitre dans la guerre entre Apple et le FBI. En quelques heures à peine, dans la soirée du 3 mars, une trentaine d’entreprise du secteur high-tech (mais aussi des organismes, des fondations et des avocats) ont signé des requêtes pour marquer leur soutien à Apple. La marque à la pomme refuse d’aider le FBI à déchiffrer les données bloquées d’un téléphone ayant appartenu à l’un des auteurs de la fusillade de San Bernardino, en fin d’année dernière.

Dans le premier amicus brief relayé par Business Insider et rempli par Airbnb, Atlassian, Automattic, Cloudflare, eBay, Github, Kickstarter, LinkedIn, Mapbox, Medium, Meetup, Reddit, Square, Squarespace, Twilio, Twitter et Wickr—, les signataires estiment que «l’effort extraordinaire et sans précédent mis en place pour transformer une entreprise privée en arme d’investigation du gouvernement n’a pas de base légale sous le All Writs Act ou toute autre loi, mais il menace aussi les principes même de vie privée, de sécurité et de transparence qui font ce qu’est internet.»

«Aujourd'hui, Twitter a rempli une requête pour soutenir Apple. Le respect de la vie privée et la sécurité nous touchent tous» (Vijaya Gadde, directrice juridique de Twitter).

Dans le second, on retrouve le trio Google, Facebook et Amazon, ainsi que Box, Cisco, Dropbox, Evernote, Microsoft, Mozilla, Nest, Pinterest, Slack, Snapchat, WhatsApp et Yahoo.

Alors que le débat prenait une ampleur nationale autour du respect de la vie privée et du besoin de mieux détecter les menaces terroristes, ces entreprises, parfois rivales directes, ont décidé d’oublier leurs querelles de marché pour s’allier à Apple. Et quand on se penche sur les chiffres, on réalise vite quel est le poids économique de cette alliance. Au total, 12 des 34 entreprises présentes sur la liste sont cotées en Bourse, avec une capitalisation allant de 486,9 milliards de dollars pour Google (filiale d’Alphabet) à 4,73 milliards pour Atlassian, entreprise australienne qui propose des produits d’aide à la gestion de projets. Au total, leur cotation cumulée s’élève à 2.079 milliards de dollars, soit 1.880 milliards d’euros. Si on ajoute à cela la valeur d’Apple, entreprise la mieux cotée au monde actuellement à 570,54 milliards, l’alliance formée par les géants de la tech vaut 2.650 milliards de dollars. Pour vous donner un ordre d’idée, c’est 1.200 milliards de dollars de plus que le PIB de l’Australie, 900 milliards de plus que le PIB du Canada et à peine 200 milliards de moins que celui de la France.

Les Etats-Unis culminent eux à 17.000 milliards de dollars de PIB, mais constater la puissance économique de cette alliance de la high-tech permet de mieux comprendre son importance ainsi que la situation délicate dans laquelle se trouvent le FBI et le gouvernement. Les signataires de la seconde requête (Google, Amazon, Facebook, etc.) se sont déclarés «pleinement unis pour dire que l’ordre donné par le gouvernement à Apple dépasse le cadre existant des lois et, s’il est appliqué de manière plus large, pourrait menacer la sécurité des Américains sur le long terme». Leur poids financier, ainsi que leur armée de lobbyistes à Washington et l'éventuel soutien des consommateurs, pourraient bien les aider à gagner ce combat-là.

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