Les pénibles leçons de l'affaire Mitterrand
Le débat public est, en France, sans dessus dessous. La gauche oublie ses valeurs et la droite est à nouveau bousculée par le Front National.
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«L'affaire Mitterrand est finie»: Martine Aubry, au nom des socialistes, a donc décrété la fin d'un épisode peu glorieux de notre vie publique. Et puisque l'affaire est finie, ou censée l'être, on peut essayer d'en tirer quelques leçons. Non sans avoir rappelé l'essentiel: Frédéric Mitterrand a dit et répété qu'il ne s'était jamais rendu coupable de pédophilie pas plus qu'il n'avait fait, ou souhaité faire, l'apologie du tourisme sexuel. Et il est vrai que tout le procès qui lui a été intenté, procès médiatico-politique, a eu pour origine sa défense du cinéaste Roman Polanski, lors de l'arrestation de ce dernier en Suisse; défense qui, d'interprétations en surinterprétations de son livre «Une mauvaise vie», avait conduit à des attaques de nature à accréditer l'idée qu'il avait revendiqué être un adepte du tourisme sexuel et de la pédophilie.
«Je demande qu'on permette à chaque homme et à chaque femme d'avoir fait des fautes, de s'en repentir et de pouvoir avoir toujours une deuxième chance»: à lire cette déclaration, on pourrait croire qu'il s'agit du rappel par un responsable de la gauche de ce qu'a toujours été le credo de celle-ci en matière de politique pénale. Eh bien, non! En fait, il s'agit d'une déclaration de l'actuelle Garde des sceaux, Michèle Alliot-Marie. Quand d'autres leaders, qui se réclament ceux-là de la gauche, maintiennent, ici leurs attaques, en tout point conformes à celles lancées par Marine Le Pen, là leurs demandes de démission du ministre de la culture. Et ce, bien que Martine Aubry ait souhaité que soit mis fin à cette affaire.
C'est l'une des leçons de cet épisode: le débat public est, en France, sans dessus dessous. A d'autres époques, on avait pu observer que certaines valeurs passaient de droite à gauche ou de gauche à droite (le nationalisme, le libéralisme, etc). Nous sommes aujourd'hui dans un méli-mélo où l'on peine à discerner qui est qui. La nature des réactions que l'on a pu observer laisse penser que certains ont manifestement perdu le fil de ce qui constituait les valeurs de la gauche (les attaques ad hominen à partir d'amalgames, ou à partir de la dénonciation de l'alterité, sont depuis toujours l'un des traits caractéristiques de l'extrême droite). A moins qu'il s'agisse, purement et simplement, de la part de ceux qui ont cru pouvoir mettre à terre le Ministre de la culture, qui est aussi l'une des figures de l'ouverture (même si lui-même ne s'est jamais réclamé de la gauche), de la manifestation d'un cynisme absolu. On tire d'un extrait de livre et de ses ambiguïtés une certitude: il était pédophile! Et le tour est joué. Ou plutôt; l'affaire est montée.
De ce point de vue, Alain Finkielkraut n'avait pas tort, vendredi 9 octobre sur France Inter, de s'alarmer de la signification de cette affaire, comme de l'ampleur qu'elle a prise; signe avant coureur d'une dégradation du débat public où l'amalgame permet d'en appeler à tous les «honnêtes gens» contre certains de ceux qui nous dirigent. Comportement ô combien redoutable, car dès lors que vous prétendez faire valoir le respect des faits, le temps de la réflexion, la part de la fiction, etc..., on vous taxe aussitôt de vouloir défendre les crimes que sont le tourisme sexuel et la pédophilie. «J'ai réagi en père de famille» était la justification avancée par le porte-parole du PS. Donc si vous prétendez dire autre chose, vous êtes aussitôt classé du côté des ogres ou de ceux qui ne sauraient mériter être père de famille.
La gauche, et c'est là une autre leçon de cette affaire, a trop laissé sa parole confisquée par ceux qui, en toutes choses, veulent voir désigner des coupables et couper des têtes; ce qui, on le sait, leur évite d'avoir à réfléchir, au risque de se perdre dans de biens mauvais combats. Il se trouve que les plus virulents dans cette affaire, Benoît Hamont, Arnaud Montebourg, Manuel Valls, sont aussi ceux qui invoquent le bénéfice de leur génération (celle des «quadras») pour, disent-ils, prendre la relève et rénover le PS. Il me vient à l'idée qu'il est urgent, pour ce même PS, de continuer de faire confiance à la génération qui les précède qui me paraissent à tous égards, mieux armés et plus enclins à être fidèles aux valeurs qu'ils doivent continuer à représenter.
Et hommage soit rendu à Pierre Moscovici, le seul de ces «quadras» à se dissocier et à parler dignement. Dommage, décidément, que Lionel Jospin ait cru bon de lâcher prise.... Et il faudra plus sûrement regarder, pour espérer un jour une rénovation digne de ce nom, du côté des plus jeunes, ceux qui animent aujourd'hui des think tank prometteurs (comme Terra Nova). A la condition toutefois qu'ils ne se trompent pas dans leur source d'inspiration.
La droite ne sort par pour autant indemne de l'affaire Mitterrand. D'une part, par ce qu'elle voit ressurgir un danger à l'extrême droite; d'autre part, parce qu'elle est elle-même très mal à l'aise.
Du point de vue de l'extrême droite en effet, l'offensive médiatique réussie de Marine Le Pen -réussie parce qu'elle a été amplifiée par la réaction du porte parole du PS- s'inscrit dans la tradition des «coups», ou des vilénies qui ont fait progressivement la réputation de Jean-Marie Le Pen. Intéressant échange d'ailleurs que celui de vendredi 9 octobre au journal de RTL: le présentateur de RTL Soir demande au président du Front National, après avoir souligné qu'ayant lu le livre et entendu Frédéric Mitterrand, il n'est pas question de pédophilie, s'il lui est arrivé lui-même d'avoir recours au service de prostituées. «Bien sûr», a répondu aussitôt Jean-Marie Le Pen, en précisant qu'il était jeune et que c'était en Algérie. «Mais alors», lui dit le journaliste «vous n'avez rien à redire à Frédéric Mitterrand qui lui aussi a eu recours à des prostitués; simplement ces prostitués étaient des hommes». Réponse de Jean-Marie Le Pen: «ça n'est pas le sujet, le problème c'est son soutien à Polanski». CQFD.
Tout cela ne suffira peut-être pas à faire revenir le FN dans son rôle favori à la fois de grand perturbateur de la vie publique et de grand dénonciateur de la «corruption» des élites «cosmopolites»... Il n'empêche. C'est une alerte.
Elle survient dans un contexte dans lequel la droite a du mal à assumer l'équation politique de Nicolas Sarkozy. La majorité que ce dernier a constituée autour de lui va, en effet, de Philippe de Villiers, de la droite de la droite donc, à Jean-Marie Bockel, qui, lui, a longtemps incarné la droite de la gauche. Il faut aussi se souvenir de la place prise, dans la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, par la dénonciation de mai 1968 et de celles et ceux qui continuent de vouloir s'inspirer de cette révolution libertaire. Or, si Frédéric Mitterrand ne vient pas de la gauche, il peut être, dans l'imaginaire public, rattaché à ce courant. C'est pourquoi, certains à droite auraient peut-être vu d'un bon œil que tout cela puisse se terminer par le départ du Ministre de la culture. Dans le camp qui se veut celui de la tolérance zéro, voilà un homme qui incarne une forme de tolérance. Ce grand écart idéologique, auquel Nicolas Sarkozy voudrait contraindre ses partisans, s'est trouvé cette fois très directement mis à l'épreuve.
Enfin, il faudrait éviter que cet épisode ne fasse ressurgir des comportements ou des présupposés que l'on croyait derrière nous. Au premier rang desquels, l'homophobie. Certains font d'ailleurs ouvertement reproche à Frédéric Mitterrand d'avoir facilité par ses écrits les amalgames qui ont été faits. «A travers sa supposée vie, il ramène les homos 10 ans en arrière», a ainsi déclaré Patrick Bloche, député socialiste de Paris.
Plus nombreux sont ceux qui s'inquiètent de l'exploitation politique dont a été victime le Ministre de la culture, à partir, en effet, de sa défense de Roman Polanski. Mais qui s'en souvient? L'homophobie est encore une réalité. De moindre ampleur certes que chez nos voisins italiens, où celle-ci tue chaque année. Mais tout indique qu'il faille rester vigilants. Quant à Frédéric Mitterrand, comme l'a dit, au Journal Du Dimanche Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris: c'est une histoire triste, émouvante, dérangeante, mais c'est une histoire personnelle».
De toute cela enfin, je ne retiendrai, pour ce qui me concerne, que la rapidité et la violence avec lesquelles certains responsables politiques se voient en justiciers. Or une politique de justiciers conduit toujours à la justice politique. C'est le populisme en marche? C'est plus grave, docteur: le fond de l'air est, hélas, robespierriste!
Jean-Marie Colombani
Lire également: Frédéric Mitterrand, une cible trop facile, Sarkozy piégé par les intellos de gauche et Affaire Mitterrand: Besson, Mélenchon et Besancenot allument Hamon.
Image de Une: Frédéric Mitterrand sur le plateau du journal de 20 heures de TF1 Reuters
Mis à jour le 11/10/2009 à 17h26










































Dans cette affaire, il n'est nullement question des valeurs de la droite et de celles de la gauche ni de savoir quelles sont les valeurs de chaque bord. M. Mitterand a d'abord soutenu de manière rapide et sans peser ses paroles une affaire qui est loin d'être bénine et banale, celle de Polanski, puis il s'est fait rattrapé par ses écrits et son soutient sur une autre affaire.
Sa seule défense est de dire qu'il a commis des erreurs, erreurs dont il profite pour les publier ouvertement dans ses écrits, et de dire que s'il s'était appelé Tartempion personne ne l'aurait attaqué.
Il oublie :
* qu'il est ministre et qu'il doit mesurer ses propos
* que de s'appeller Mitterand ou Tartempion ne lui donne pas plus le droit de couvrir ses erreurs qu'un autre
* qu'il met à jour ouvertement ses erreurs dans ses écrits
Maintenant que certains de ses détracteurs soient homophobes, cons, faiseurs d'amalgames, d'extrême droite ou d'extrême centre n'efface en rien le fait qu'un ministre doit être un minimum correct. Il est un peu facile et d'usage trop courant de diaboliser ceux qui dénoncent certains faits en les faisant passer pour ceux qui diabolisent et de donner carte blanche à ceux qui soient disant se sont fait lyncher au nom d'un puritanisme superficiel.
A noter que ceux qui dénoncent l'amalgame en font eux aussi un bel usage.
Le fond de l'air est peut être robespierriste, mais il l'est surtout à l'amalgame et à la généralisation hâtive. Il me semble que seuls 3 responsables socialistes se sont exprimés dans un sens défavorable à F Mitterand. De là à en déduire que la gauche bafoue ses principes !!!
Cher Jean -Marie Colombani,
Avez vous lu le livre de FM, ou à défaut, les extraits publiés par le Monde ? Si, oui, pouvez vous trouver normal ce qui y est raconté ?
Moi, pas.
On joue avec le feu, en ce moment.L'opinion est TRES majoritairement outrée par les comportements décrits, et la défense qui est faite par les amis de FM, à l'étranger on se demande ce qui se passe en France, en ce moment.
Seule l'extrême droite en profite, et si les autres politiques avaient fait leur boulot en temps et en heure, on aurait évité cette affaire.
Précision: il faut arrêter de qualifier le ministre de candidat de l'ouverture, c'est tout à fait faux et c'est un argument de l'UMP.
Yvenri: rassurez vous , il n'y a pas que 3 responsables socialistes défavorables à FM, localement, il y en a beaucoup, et aussi beaucoup qui se taisent...
Plus généralement, je ne pense pas qu'il y ait confusion chez les politiques.Il y a surtout une UMP qui défend de manière stalinienne, l'un des siens ( du moins en apparence), et des gens de gauche ou de droite, qui ne peuvent supporter la marchandisation des corps.
"Le FN pose de bonnes questions et donne de mauvaises réponses" avait dit Laurent Fabius en son temps.
Lui permettre de faire de certaines son cheval de bataille, ne fait que le renforcer, en donnant l'impression à toute une partie de la population, que tout les autres politiques se défendent mutuellement.
Est-cela qu'on veut ?
Entendre Eric Besson, vilipender Benoit Hamon, ce n'est pas légèrement hallucinant?
Quand on quitte son camp avec armes et bagages, en pleine bataille, on devrait rester modeste.
«J'ai réagi en père de famille» était la justification avancée par
le porte-parole du PS.
En réalité, le porte parole du PS a dit et répété exactement l'inverse:
"Oui je suis choqué, pas en tant que père de famille mais en tant
que dirigeant de gauche qui lutte contre l'exploitation de la misère" a
déclaré Hamon à Libération
http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=5748
On est clairement dans une critique de gauche. Elle n'en est pas nécessairement plus juste pour autant :~), mais Hamon est dans son rôle.
La nature des réactions que l'on a pu observer laisse penser que
certains ont manifestement perdu le fil de ce qui constituait les
valeurs de la gauche (les attaques ad hominem à partir d'amalgames, ou à
partir de la dénonciation de l'altérité, sont depuis toujours l'un des
traits caractéristiques de l'extrême droite).
Qu'appelez-vous l'altérité en cette affaire, l'homosexualité ou la
pédophilie ? L'homosexualité de Frédéric Mitterand n'a jamais été
dénoncé à ma connaissance par Benoît Hamon. En l'occurrence, c'est même
lui qui en cette affaire a été victime d'un amalgame. Ce sont ceux-là
même qui peut avant semblaient justifier ou considérer comme
négligeables les accusations de pédophilie de Polanski au regard de son
œuvre cinématographique, qui ont réalisé cet amalgame.
Ce qui était inacceptable dans les premières déclarations de Bernard
Kouchner et de Frédéric Mitterand ce n'était pas qu'ils défendent
Monsieur Polanski, mais c'était leurs arguments. Leurs arguments
n'étaient ni de droite ni de gauche, mais procédaient d'une tactique
tristement célèbre dans les deux camps malheureusement, qui consiste d'une part à nier à
la victime sa qualité de victime et d'autre part à exonérer le supposé
coupable en raison de sa notoriété.
Depuis Frédéric Mitterand a brillamment rectifié le tir, mais la réaction de Bernard Finkielkraut dénonçant les amalgames est là pour nous montrer qu'il était temps.
Et en matière d'amalgame Monsieur Alain Finkielkraut nous a fait la totale:
Alain Finkielkraut :
Pour le philosophe, "Polanksi n'est pas pédophile" parce que sa victime,
âgée de 13 ans, "n'était pas une fillette, une petite fille, une
enfant". Et ce n'était pas une enfant mais une adolescente parce qu'elle avec une vie sexuelle active.
C'est un incroyable retour en arrière, à l'époque où les violeurs se défendaient en expliquant qu'ils avaient été provoqué par leur victime. C'est même une double peine en l'occurrence. Non seulement elle n'a plus le droit d'être considérée comme une enfant, mais son viol devient légitime parce qu'elle a eu deux rapports sexuels avec son petit copain !
"C'était une adolescente qui posait dénudée pour Vogue homme," poursuit
Alain Finkielkraut. "Et Vogue homme n'est pas un journal pédophile.
C'est quand même une chose à prendre en considération."
Ensuite Monsieur Finkielkraut continue son amalgame entre la création et la violence faite aux mineurs en citant Hamilton et Proust. Mais en l'occurrence, il ne s'agit pas de condamner une œuvre de l'esprit, mais le fait que l'on puisse considérer comme acceptable la sodomisation d'une jeune fille de 13 ans malgré son refus, et après lui avoir fait boire de l'alcool et prendre un tranquillisant.
Et cerise sur le gâteau, il a été jusqu'à invoquer la Shoah pour justifier le comportement de Polanski:
De l’histoire de Roman Polanski. Souvenons-nous quand même de ce qu’il a vécu! Il est un enfant du ghetto de Cracovie! Sa mère a été déportée et assassinée par les nazis! Il a vécu le cauchemar du communisme! Il a vécu le cauchemar de la tragédie américaine! L’assassinat de Sharon Tate dont il a eu lui-même à répondre auprès d’une presse à scandale qui disait qu’il avait inspiré euh… les assassins avec son film Rosemary's Baby, il a traversé tout ça! Et tout le monde s’en fiche! Mais dans quel monde vit-on? Cette planète me fait peur. Je le disais au début, je le redis maintenant.
Je ne sais pas très bien à qui appartient cette élite intellectuelle à laquelle s'identifie Monsieur Finkielkraut, mais j'ai trop de respect pour Polanski, malgré cette lamentable affaire, pour imaginer qu'il puisse en faire partie.
Moi, c'est Monsieur Finkielkraut qui me fait peur.
Certaines personnes (dont Mitterrand) ont cru que c'était une bonne idée de passer par dessus la justice pour en appeler à l'opinion publique pour défendre, sans aucune raison, un Polanski moralement difficilement défendable. C'était quand même une drôle d'idée... bon ben à être bête on attire la bêtise. Il aurait mieux valu se faire un peu discret plutôt que de la ramener.
En ce qui concerne Finkielkraut, il essaye de mettre maladroitement des mots sur un sentiment pas encore bien identifié. Ce qui est grave pour un philosophe ce n'est pas d'avoir des sentiments mais d'avoir des raisonnements maladroits. Qu'il se taise, qu'il réfléchisse un peu et dans six mois il pourra peut-être offrir une réflexion digne de ce nom dans un bouquin, après tout il n'est peut-être pas un travailleur de l'oralité. Pour l'instant on comprend rien (mais franchement moi je ne lui en veux pas, c'est comme demander à Virenque d'écrire un bouquin sur l'histoire du cyclisme: ce n'est pas ce qu'on lui demande, si il y arrive c'est tant mieux mais bon).
Mr Colombani,
Il me semble que vous cédez parfois à des facilités journalistiques qui sont plus des prêt-à-penser, des slogans de militants gauchistes qu'une réflexion digne de votre talent. En effet, vous nous dites: "Dans le camp qui se veut celui de la tolérance zéro, voilà un homme qui incarne une forme de tolérance.". Vous essayez de nous faire accréditer l'idée que la tolérance zéro, c'est l'absence de tolérance, l'intolérance; vous savez très bien que c'est un mauvais jeu de mot et que l'emploi du même mot recouvre des sens différents. La tolérance est une valeur universelle ou devrait l'être et en France peu d'hommes politiques font de l'intolérance leur fonds de commerce sachant qu'ils tomberaient bien vite sous le coup de la loi et la sanction des électeurs. La tolérance zéro est un tout autre concept: c'est refuser que tout manquement aux lois, aux règlements et autres codes ne soient pas sanctionnés du fait de leur aspect bénin, mineur, fréquent ou de faible ampleur, par exemple en cas d'incivilité, la tolérance zéro, c'est le refus de toute amnistie dès lors que l'on a enfreint un tant soit peu la loi. On peut être pour la tolérance zéro et tolérant. Dire que les gens de droite sont intolérants parce qu'ils sont souvent favorables à la tolérance zéro me paraît être une escroquerie intellectuelle. Que certains journalistes arrêtent de vouloir classer les gens dans des petits tiroirs qu' ils sont les seuls à utiliser! Comme si la tolérance n'était pratiquée que par les gens de gauche! Vous parlez ainsi de "valeurs de gauche" et vous vous étonnez que la ministre de la Justice ait l'outrecuidance de s'en servir comme si ces valeurs n'étaient pas des valeurs d'abord et avant tout républicaines que la plupart des démocrates de ce pays partagent, heureusement.
Pour finir, je vous trouve bien meilleur quand il s'agit de dénoncer les risques d'homophobie lié à cette polémique: voici encore l'exemple d'une valeur républicaine, une valeur de tolérance qui devrait être ... et de droite et de gauche!
Je partage totalement le point de vue de J.M Colombani mais je voudrais ajouter un élément qui n'a guère été évoqué et qui concerne le mode de réponse choisi par Frédéric Mitterand: fallait-il à ce point sacrifier à la société de spectacle, en répondant sur TF1, en s'adressant à "Laurence" etc...Un ministre ne peut-il plus convoquer de conférence de presse ouverte à l'ensemble de la presse ? ou même simplement publier un communiqué..."l'affaire" y aurait gagné un tout petit peu de tenue...
C'est un peu un mauvais procès. En effet, vus l'outrance et les excès des attaques dont Frédéric Mitterrand a fait l'objet , il me semble qu'une réponse en catimini devant des journalistes seulement ou par un simple communiqué aurait été un aveu de faiblesse, de culpabilité ou de mépris vis-à-vis des citoyens témoins de cette joute antigouvernementale dont les protagonistes ne sortent pas grandis. Et, dans cette situation, pour être sûr de se faire entendre du plus grand nombre, il fallait choisir l'émission d'information la plus regardée le soir. Il est certain qu'on évite difficilement l'aspect société de spectacle mais ses adversaires ne se sont pas privés de l'attaquer en utilisant les mêmes canaux!
"A d'autres époques, on avait pu observer que certaines valeurs passaient de droite à gauche ou de gauche à droite (le nationalisme, le libéralisme, etc). Nous sommes aujourd'hui dans un méli-mélo où l'on peine à discerner qui est qui"
Cette remarque appelle une question : doit-on afficher son 'camp' pour représenter ou exprimer une 'valeur'? Doit-on être obligatoirement de droit ou de gauche? Parce qu'elle représente le Front National, Ms Le Pen a-t-elle avoir forcément tort de dénoncer un certain comportement? Et puisqu'on est de 'gauche', quand-on fait pareil, s'aligne-t-on forcément sur le penchant politique représenté par le 'camp' adverse?
Et maintenant on invente un nouveau 'camp' - les quadras!
"L'autre époque" évoquée par M. Colombani est peut-être révolue quand l'Ouest et l'Est se regardaient immobile par dessus le fameux mur. Tout était tendu mais clair! Aujourd'hui le monde, y compris le monde politique, est plus fluide, plus mobile.
Des hommes de 'droit' sont devenus (parfois) 'verts'. Sa majesté Royal est farouchement opposée à la libération du cannabis proposée par un membre éminent de son parti.
Personnellement je trouve que c'est mieux ainsi. Ca oblige de PENSER plutôt que de suivre bêtement son 'camp'.
Mais j'avoue que cela complique la vie des journalistes et commentateurs, les pauvres!