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Les Républicains ralliés à Trump comparés aux collaborateurs français de 1940

Donald Trump lors d'un meeting à Valdosta (Géorgie), le 29 février 2016. MARK WALLHEISER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP.

Donald Trump lors d'un meeting à Valdosta (Géorgie), le 29 février 2016. MARK WALLHEISER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP.

Un consultant qui soutient son rival Marco Rubio les qualifie de «Vichy Republicans».

Si vous suivez un peu la campagne américaine, vous savez probablement que Donald Trump bouscule le parti Républicain. Et ce n'est pas prêt de s'arranger après sa victoire dans sept États, ce 1er mars, à l'occasion du Super Tuesday. Dans un article publié quelques heures après les dépouillements, Politico explique que le parti républicain pourrait bien se déchirer sur le cas Trump, entre ceux qui acceptent de le suivre, et ceux qui refusent, en raison de leur idéologie.

Et au détour d'un paragraphe, on découvre que Rick Wilson, «un consultant républicain en Floride, qui soutient Rubio, a comparé les soutiens de Trump dans son parti aux Français qui ont aidé les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, et s'en est pris aux “Républicains de Vichy”, accusés de soutenir quelqu'un qu'il qualifie comme “un immonde cancer de la vie politique américaine”».

Ces derniers jours, plusieurs acteurs majeurs du parti républicain, comme le gouverneur du New Jersey Chris Christie, ou le sénateur Jeff Sessions ont apporté leur soutien au magnat de l'immobilier.

Utilisé aussi pour critiquer le camp modéré

L'expression Républicains de Vichy n'est cependant pas vraiment nouvelle et n'a pas de cible très précise. Hier soir déjà, un éditorialiste du Daily Beast s'attaquait aux «Républicains de Vichy» qui allaient rejoindre Trump au cours des prochains jours et cherchait à leur expliquer pourquoi c'est une très mauvaise idée.


Le blog conservateur RedState a déjà utilisé cette expression à plusieurs reprises, mais avec une autre cible en tête –la partie «modérée» du GOP. En août dernier, un contributeur comparait Mitch McConnell, chef du parti républicain au Sénat, à Philippe Pétain (avec une photo du maréchal et de Hitler en tête de page pour donner un peu plus de poids aux mots) pour avoir, selon lui, reculé sur le dossier du planning familial. En mai 2009, un autre auteur s'en prenait aux Républicains progressistes qui voyaient en Rush Limbaugh –un éditorialiste et animateur de radio– un personnage trop conservateur. Et au lieu de collaborer avec les nazis, eux ont vendu leur âme «en collaborant avec les Démocrates».

En 2006, l'expression avait déjà fait son apparition dans le New York Times, après qu'une élue républicaine du Connecticut avait choisi de changer de camp. Chris Healy, un membre du comité central du parti de l'État l'avait alors qualifiée de «Républicaine vichyste classique», avant d'affirmer que «personne ne la respectait ou ne l'admirait» au sein de parti républicain.

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