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Le patron du FBI se fait traiter de «clown» après son audition sur Apple

Capture d'écran de l'audition du patron du FBI James Comey, le 1 mars 2016.

Capture d'écran de l'audition du patron du FBI James Comey, le 1 mars 2016.

James Comey n’a pas du tout convaincu dans son combat pour obtenir l'accès aux données d'un iPhone d'un des tueurs de San Bernardino, bien au contraire.

L'audition était très attendue. Après la découverte d’un iPhone appartenant à l’un des tueurs de la fusillade de San Bernardino en décembre dernier, le FBI s’est mis en tête d'obtenir d'Apple un logiciel permettant de déchiffrer les données du téléphone en question. Seulement voilà, malgré l’ordre d’une juge, Apple refuse de céder, à la fois pour garantir à ses clients une vie privée mais aussi pour éviter de créer un précédent judiciaire. Dans ce climat polémique, James Comey, le patron du FBI, est allé plaider sa cause au Capitol.

Face au comité de la House Judiciary, il a tenté de convaincre, pendant trois heures, qu’il fallait donner accès à «une porte dérobée» pour déchiffrer les téléphones de la marque à la pomme en cas d'attaques terroristes. Sauf que, au fur et à mesure des questions des représentants, le tout-puissant patron du Federal Bureau of Investigation a semblé de plus en plus mal à l’aise et incapable de répondre précisément aux questions. Du pain béni pour de nombreux médias anglo-saxons.

Surréaliste

Slate.com a ainsi parcouru toute son audition et relevé de nombreuses erreurs ou imprécisions. Par exemple, Comey va dire que l’iCloud n’est pas chiffré, ce qui est faux, malgré de nombreuses failles comme l’a montré le Fappening. Un peu plus tard, il répondra «pas à ma connaissance» quand on lui a demandé si le FBI avait voulu obtenir le «code source» à Apple.

Un autre moment, particulièrement surréaliste, a interpellé le site Techinsider, lorsque James Comey évoque les ingénieurs d’Apple et leur possible exploitation par des terroristes:

«Les arguments hypothétiques sont toujours plaisants, mais je suppose que l’on pourrait dire: “Et bien, les ingénieurs d’Apple l’ont en tête [le code de chiffrement, ndlr], si on les kidnappait et si on les forçait à écrire ce logiciel?»

Le site explique que, si Apple demande à ses employés de coopérer en cas de prise d’otages ou d’enlèvement, les ingénieurs seraient incapables de créer un logiciel de chiffrement puisqu’ils sont divisés en équipes distinctes au sein de l’entreprise. De plus, au moins deux ingénieurs sont nécessaires pour valider une étape d’authentification. Comey prouve donc là encore sa méconnaissance du dossier.

Un manipulateur?

Mais le média le plus virulent reste le site spécialisé Gizmodo, qui qualifie le patron du FBI de «clown». «La seule chose qu’a clarifiée le directeur du FBI, écrit Gizmodo, c’est la flexibilité de sa relation avec la vérité. Le seul moment où il a parlé vrai et sans ambiguïté, c'était quand il a dit qu’Apple est une compagnie responsable vis-à-vis de ses investisseurs, et qu’elle veut maximiser ses profits.» Et de conclure, lapidaire:

«Le FBI a envoyé un clown au Congrès aujourd’hui pour cracher sa niaiserie et nous distraire des objectifs d’expansion de ses pouvoirs de surveillance.»

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