La différence entre Uber et Airbnb

Manifestation de chauffeurs de taxi contre Uber à San José, au Costa Rica, le 1er février 2016 | EZEQUIEL BECERRA/AFP

Manifestation de chauffeurs de taxi contre Uber à San José, au Costa Rica, le 1er février 2016 | EZEQUIEL BECERRA/AFP

Souvent mis dans le même sac, les deux géants de l'économie de plateforme ne tirent pas leur richesse des mêmes sources: l'un extrait de la valeur du travail de ses utilisateurs, l'autre fait fructifier leur capital.

Uber et Airbnb. Il est devenu commun de citer dans la même phrase les deux emblèmes de l’économie de plateformes numériques, les «licornes» de la Silicon Valley qui ont chacune «disrupté» (bouleversé) un secteur entier de l’économie: les taxis pour Uber et l’hôtellerie pour Airbnb.

Pourtant, ces deux géants ne reposent pas sur le même modèle. C’est ce que rappelle une étude publiée par le think-tank de la banque JPMorgan Chase, qui a étudié les revenus que ses clients américains ont tiré de ces deux plateformes entre 2012 et 2015. Le site Quartz, qui relaye les résultats de l’étude, note que la comparaison entre Uber et Airbnb illustre «la nouvelle frontière dans la lutte entre le capital et le travail».

L’étude distingue deux types de plateformes en ligne: les plateformes sur lesquelles un travailleur indépendant propose ses services et celles sur lesquelles un loueur ou un vendeur propose un bien (un appartement à louer, un bien à vendre). Dans le premier cas, l’offreur propose sa force de travail; dans le deuxième cas, il génère un revenu grâce à son patrimoine (dont il se sépare ou qu’il fait fructifier).

Étude JPMorgan Chase «Paychecks, Paydays, and the Online Platform Economy»

Selon l’étude JPMorgan Chase, tous les clients qui profitent de cette nouvelle forme d’économie sont jeunes (entre 25 et 35 ans) et vivent plus fréquemment dans l’ouest du pays. L’étude présente un profil social différent pour les utilisateurs de chaque type de plateforme. Sans surprise, ceux qui génèrent des revenus des plateformes de capital sont plus riches que ceux qui utilisent les plateformes d’offre de travail, comme Uber ou TaskRabbit.

Si cette économie de plateforme remplit l’une de ses promesses, celle d’offrir un complément de revenus aux individus et aux familles, en revanche, les inégalités de revenus sont maintenues ou, au pire, augmentent. Car ceux qui possèdent un patrimoine ont de nouvelles manières de le faire fructifier...

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