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Pour que les élèves réussissent, dites-leur qu’Einstein était mauvais à l’école

Comment faire pour avoir de meilleures performances scolaires? | tracy the astonishing via Flickr CC License by

Comment faire pour avoir de meilleures performances scolaires? | tracy the astonishing via Flickr CC License by

Mieux vaut éviter de présenter les scientifiques aux enfants comme des génies sans failles.

Enseignants, envoyez bouler les totems d’écrivains, les beaux exemples de réussite en fanfare de scientifiques qui ont changé la face du monde. Montrez aux écoliers des chercheurs qui galèrent, des humains qui tâtonnent, des génies que l’on rejette. C’est ce qui permettra aux écoliers à la traîne de s’identifier à ces modèles humbles et à leur portée, plutôt que de se sentir écrasés par des colosses qu’ils pensent ne jamais égaler.

C’est ce que montrent en tous cas les résultats d’une étude passionnante de l’université Columbia, repérée par le magazine Quartz, selon laquelle les élèves à qui l’on a appris que de grands noms scientifiques avaient eu un parcours semé d’embûches ont ensuite de meilleures performances scolaires que ceux à qui l’on a présenté uniquement les réussites de ces modèles.

Obstacles personnels et limites intellectuelles

Des élèves en classes de 3e et de 2nde d’écoles publiques en difficulté de la ville de New York à qui l’on a décrit les difficultés scolaires d’Albert Einstein (qui a dû changer plusieurs fois de classe) ont amélioré de manière significative leurs notes par rapport à un groupe de contrôle à qui seules les découvertes du physicien étaient présentées.

Ces élèves des quartiers du Bronx et d’Harlem étaient divisés en trois groupes. Le premier avait accès à un texte de 800 signes présentant les succès d’Albert Einstein, Marie Curie et Michael Faraday. Au deuxième groupe, on a appris que ces scientifiques ont connu des trajectoires de vie difficiles et qu’ils ont rencontré sur leur route d’importants obstacles personnels. Comme le fait qu’Albert Einstein a dû fuir les nazis, ou que Marie Curie devait effectuer ses recherches en cachette parce qu’elle était une femme et que c’était très mal vu à l’époque. Enfin, on a expliqué au troisième groupe que ces scientifiques n’avaient pas toujours été de bons élèves et qu’ils avaient dû lutter contre leurs limites intellectuelles.

Le cerveau, ça se muscle

Après six semaines, les deux derniers groupes ont amélioré significativement leurs résultats, en particulier les élèves les plus en difficulté. Le premier groupe d’écoliers a vu ses résultats chuter par rapport à la période précédant l’étude.

Morale de l’histoire selon les chercheurs de l’université Columbia: certains élèves, pour trouver du sens dans les découvertes scientifiques qu’on leur présente, ont besoin de se les représenter inscrites au sein d’histoires personnelles, dans lesquelles ils peuvent se reconnaître.

Surtout, il est préférable d’éviter de montrer aux enfants des figures imposantes, qui ont l’air d’avoir reçu en cadeau de naissance un QI mille fois plus élevé. Mieux vaut leur montrer des personnes humaines, qui ont eu leurs faiblesses. Et leur rappeler ce qui, du reste, a été démontré par de nombreuses études: que le cerveau est un engin évolutif, que l’on peut muscler et faire progresser dans le temps, à la manière des athlètes avec leur corps.

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