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La ville de Vérone veut interdire les kebabs et snacks «ethniques»

La façade d'un snack de kebabs à Mantova, en Italie | Mark Hillary via Flickr CC License by Creative Commons

La façade d'un snack de kebabs à Mantova, en Italie | Mark Hillary via Flickr CC License by Creative Commons

Le maire de Vérone veut préserver la beauté architecturale du centre historique de sa ville en y interdisant les kebabs.

«Il sera interdit d’ouvrir des snacks liés à la culture orientale ou moyen-orientale.» C’est avec ces mots que Flavio Tosi, maire de Vérone (Italie), a fait part de sa volonté de mettre fin à la présence de certaines enseignes de restauration rapide dans la ville de Roméo et Juliette. L’agence de presse ANSA rapporte que le maire et les conseillers municipaux aux activités économiques et à l’urbanisme ont présenté fin février une décision approuvée par le conseil communal.

La mairie interdit l’ouverture dans le centre historique de ce qu’elle définit comme des «activités artisanales qui produisent et vendent de la nourriture ethnique». Cette décision a été intégrée à un autre amendement qui interdisait déjà l’ouverture de snacks qui «proposent 50% ou plus de friture» à la vente. L’Adige.it rapporte qu’il faudra soixante jours avant la publication définitive, pour recueillir les éventuelles réactions des citoyens.

L’ANSA rapporte que cette décision a pour objet de «préserver le patrimoine historique et architectural» de Vérone. En effet, Flavio Tosi pense ainsi «préserver la tradition et la spécialité culturelle du territoire».

Décision raciste

Le maire de Vérone est membre de la Liga Nord, ou Ligue du Nord. Ce parti politique milite pour l’indépendance de la «Padanie». Ce parti régionaliste est souvent qualifié de populiste. En septembre 2013, Tosi affirmait au micro de Radio 24 que «penser que les gays sont malades est une opinion légitime, non un délit».

En Italie, nombreux sont ceux qualifient cette nouvelle décision de raciste. Sur les réseaux, beaucoup de jeunes réagissent au texte.

 

«Je trouve que vivre dans une ville administrée par des racistes et provinciaux est plus dégradant [que d’avoir des kebabs].»

En janvier 2015, les élus de la Ligue du Nord en Lombardie avaient voté un texte pour rendre quasiment impossible la présence de mosquées dans la région. La cour constitutionnelle italienne avait été saisie en mars 2015 par le gouvernement. Le texte a été invalidé à l’unanimité le 24 février 2016. Matteo Salvini, secrétaire fédéral de la Ligue du Nord, avait réagi sur Twitter en qualifiant la cour constitutionnelle d’«islamique».  

En attendant une éventuelle réaction gouvernementale, les snacks «ethniques» n’ont plus leur place dans la ville de l’amour.

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