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PSG, Golden State Warriors: courir après un record peut-il nuire à une saison?

Thiago Motta et Lucas, face à Lyon, le 28 février 2016. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Thiago Motta et Lucas, face à Lyon, le 28 février 2016. PHILIPPE DESMAZES / AFP

Le PSG ne battra finalement pas le record d'invincibilité du FC Nantes, mais ce n'est peut-être pas une si mauvaise chose.

Les records sont faits pour être battus mais, après la défaite du PSG à Lyon, dimanche 28 février, les Nantais de 1994-1995 peuvent se féliciter de voir leur record d'invincibilité sur une saison en championnat (32 matchs) durer au moins une année de plus. Comme le souligne Vincent Duluc dans L'Équipe, cette défaite est cependant loin d'être la fin du monde pour les Parisiens, toujours largement en tête du championnat de France:

«Dans l’expression “champion invincible”, champion est essentiel, invincible est accessoire. Dans le même ordre d’idée, ce qui est prioritaire pour le club parisien, désormais, est de se qualifier à Stamford Bridge [face à Chelsea].

 

Hier soir, à Lyon, le Paris SG a vécu une soirée qui lui rendra service s’il en tire les leçons. Il est assez grand pour cela, et ne peut pas à la fois regretter d’être insuffisamment contesté en L 1 pour se préparer à l’Europe, et s’inquiéter de l’avoir été tellement qu’il a fini par chuter avant la fin de l’hiver.»

Pour mieux envisager la suite en Ligue des champions, les Parisiens ont peut-être vu cette première défaite arriver au bon moment: il leur reste un peu plus d'une semaine pour rebondir avant leur match à Londres face à Chelsea, le 9 mars. Avec ce revers, ils n'ont plus à se concentrer sur un éventuel record, ont pratiquement championnat gagné (ils comptent 23 points d'avance sur Monaco, deuxième) et peuvent désormais penser uniquement à l'échéance qui compte vraiment: la Ligue des champions (et les coupes nationales, qui ne font jamais de mal dans un palmarès).

En 1995, le fait pour Nantes d'être invaincu plus longtemps ne l'avait pas empêché de se faire sèchement éliminer en quart de finale de la Coupe de l'UEFA par Leverkusen, avec une défaite cauchemardesque 5-1 au match aller. Lorsqu'Arsenal a fini la saison 2003-2004 invaincu en championnat, les coéquipiers de Thierry Henry se sont fait sortir par Chelsea en quarts de finale de la Ligue des champions, au mois d'avril.

Alors au fond, laisser filer un record n'est-il pas un moindre mal? C'est ce que laissait penser Chris Mannix, journaliste à Sports Illustrated, après la première défaite cette saison des Golden State Warriors en NBA, qui venait après vingt-quatre succès consécutifs –record sur un début de saison–, mais qui restait à neuf longueurs du record des Lakers:

«Je pense qu'il y a des bonnes défaites. Regardez quand Miami avait réalisé sa série il y a quelques années [27 matchs en 2012-2013, ndlr]. On parlait aux joueurs et quand la série de victoires s'est achevée, ils étaient heureux. Ils savaient l'énergie nécessaire mentalement et physiquement pour réaliser ceci. Cette équipe des Warriors est plus jeune, on est un peu plus tôt dans la saison et je suis sûr qu'il doit y avoir un peu de déception, mais quand on écoute leurs déclarations après leur défaite, il n'y avait pas d'amertume, pas de “On est passé à côté du record”. Cette équipe était prête à passer à la prochaine étape de sa saison.»

Il reste pourtant un record que les Golden State Warriors pourraient battre au cours des prochaines semaines, celui du pourcentage de victoires lors d'une saison régulière de NBA. Lors de la saison 1995-1996, les Chicago Bulls avaient gagné 72 rencontres et en avaient laissé filer seulement dix. Depuis, aucune équipe ne s'est vraiment approchée du record, jusqu'à cette année: avec 53 victoires en 58 matches, les Warriors sont partis sur des bases qui devraient les emmener à 74 ou 75 victoires à la fin de la saison.

MVP de la saison 2015, Stephen Curry n'exclut plus que l'un des objectifs des Warriors soit d'aller chercher ce record. Interrogé à la mi-janvier à ce sujet, il avait cependant rappelé que le véritable objectif restait de conserver le titre acquis la saison dernière.

«On nous pose des questions, mais nous savons exactement quelle est la place des Bulls dans l'histoire de la saison régulière et ce que l'on pourrait réaliser à la fin de cette année. Mais je pense que c'est compliqué, et on perd de l'énergie à courir après alors que l'on pourrait se concentrer à être le mieux préparés possible pour avril [le début des playoffs, ndlr].»

Seule différence, qui pourra éventuellement consoler un peu le PSG: la saison régulière de NBA ne conduit à l'attribution d'aucun trophée là où, même en cas de sortie de route en Ligue des champions, les Parisiens pourront se consoler avec un quatrième Hexagoal consécutif.

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