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VIDEO. Jusqu'où peut aller notre empathie pour des robots?

Vous avez vu cette vidéo? Vous n'avez pas pleuré? Vous êtes un monstre?

Un utilisateur de YouTube, Greg Killian (sa bio le dit «fan de photo, de musique, de voyage et de vidéos») qui compte moins de 300 abonnés, a réalisé à l'aide de plans de robots humanoïdes cette parodie de clip de la SPA américaine (ASPCA) dans lequel on voit... des robots se faire maltraiter. 

Mise en ligne le 25 février elle compte ce samedi 27 près de 450.000 vues. Et parmi les commentaires, nombre d'entre eux se désolent pour les robots: «Okay, est-ce que je suis la seule qui se sent vraiment mal pour ces robots?» dit l'une. «En fait, ça me fait vraiment de la peine de voir ça» commente un autre. «C'est vraiment gênant, sérieusement», lâche un troisième. 

De fait la vidéo ne met –bizarrement– pas très à l'aise. Cela rejoint les conclusions d'une étude japonaise, relayée par le Huffington Post en mars 2015. Publiée dans la revue Scientific Reports, elle donnait «de nouvelles preuves neurophysiologiques que les humains peuvent éprouver des réactions empathies à l'égard des robots humanoïdes». Réalisée sur une très faible cohorte, l'étude ne pouvait constituer qu'une ébauche de réflexion, mais la viralité de la vidéo pointe du doigt le malaise qu'il peut y en effet avoir à regarder des robots souffrir. A regarder des écrans et des branchements souffrir.

Une autre piste, ébauchée au MIT aux Etats-Unis, va dans le même sens. Deux chercheuses de la prestigieuse université, Kate Darling «star montante de la robotique» selon Forbes et ses collègues Palash Nandy et Cynthia Breazeal, ont obtenu en avril 2015 des résultats préliminaires pour une étude, résumés dans un article qui expliquait qu'«une apparence anthropomorphique peut influencer la façon dont on envisage les robots, transformer le comportement humain et même avoir un impact sur les politiques publiques».

L'empathie éprouvée pour les robots peut évidemment transformer la société entière et les rapports humains. Nous raprocher éventuellement d'amours virtuelles comme dans Her de Spike Jonze. Mais aussi servir très fortement les intérêts commerciaux des entreprises qui fabriquent ces robots humanoïdes, comme Boston Dynamics dont on voit les robots dans la vidéo de Greg Killian. 

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