La riposte d’Apple face au FBI: créer un iPhone impossible à débloquer

Une femme manifeste à Los Angeles, en Californie, contre la volonté du gouvernement américain de pouvoir débloquer les iPhones le 23 février 2016 | Mark Ralston/AFP

Une femme manifeste à Los Angeles, en Californie, contre la volonté du gouvernement américain de pouvoir débloquer les iPhones le 23 février 2016 | Mark Ralston/AFP

Apple continue de résister au FBI, qui exige de pouvoir accéder aux données de l’iPhone de l’un des auteurs de la fusillade de San Bernardino.

«Un équivalent du cancer». C’est ainsi que Tim Cook a défini le 24 février la volonté du Bureau fédéral d’investigation (FBI) de concevoir un logiciel pour hacker les iPhones. Cette demande survient dans le cadre de l’enquête sur la fusillade du 2 décembre 2015 à San Berardino (Californie). Le FBI a trouvé l’iPhone de l’un des tueurs mais n’a pas le code pour décrypter les données. Le 16 février 2016, la juge Sheri Pym ordonne à Apple de créer un système qui permettrait d’entrer dans le téléphone. La marque refuse catégoriquement.

Tim Cook, le patron d’Apple, estime qu’il n’existe pas de «porte dérobée uniquement pour les gentils» et que cette décision serait un «danger pour l’Amérique». En visite à Paris le 24 février 2016, Sundar Pichai a confirmé soutenir Apple dans sa résistance contre le FBI. Le PDG de Google a déclaré devant les étudiants de Sciences-Po que, créer «des portes dérobées, ça mène à des conséquences très très mauvaises qui finissent toujours par nuire aux utilisateurs».

 

Intouchable

Pour éviter de créer un précédent pénal, les ingénieurs d’Apple ont décidé de mettre à jour leur système de sécurité. L’objectif: empêcher à quiconque –y compris Apple– de hacker un iPhone verrouillé, rapporte Reuters. La mise au point de cet iPhone intouchable rassurera les milliers d’utilisateurs américains. C’est ce qu’a confirmé Tim Cook sur ABC News le 24 février. Le directeur d’Apple s’est adressé à «tous ceux qui veulent se faire entendre mais qui ont peur»: «Nous prenons position et nous défendons nos clients car les protéger est notre travail.»

Les experts estiment qu’Apple réussira «très probablement» à mettre au point cette fonctionnalité, rapporte The New York Times. Grâce à cette mise à jour, il sera impossible pour le FBI de pouvoir hacker un iPhone dans le futur, même s’ils remportent la bataille actuelle.

La seule solution à ce conflit juridique qui oppose Apple au FBI est une prise de position de la part du Congrès, poursuit The New York Times. Benjamin Wittes, professeur associé à la Brookings Insitution, affirme au quotidien new-yorkais que «nous sommes partis pour un bras de fer à moins que le Congrès ne décide de clarifier quelles sont les mesures à prendre dans ces situations».

Depuis les déclarations d’Edward Snowden, les géants de la technologie sont de plus en plus enclins à se protéger des mesures intrusives du gouvernement. En 2013, l’ancien employé de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA) révélait les détails de plusieurs programmes de surveillance américains et britanniques. Il s’agissait notamment d’informations top-secrètes de la NSA sur l’interception des appels téléphoniques et des systèmes d’écoute sur internet.

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