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Les plans de métro sont devenus trop compliqués pour notre cerveau

Une carte alternative du réseau francilien (RATP) réalisée par «nojhan». geometromap_solarized_sombre / Johann Dréo via Flickr CC License By

Une carte alternative du réseau francilien (RATP) réalisée par «nojhan». geometromap_solarized_sombre / Johann Dréo via Flickr CC License By

N’ayez plus honte de ne pas comprendre les réseaux de transports des mégapoles: ils dépassent désormais nos capacités de traitement de l’information.

Le nombre d’agglomérations qui concentrent plus de 10 millions d’habitants a triplé dans le monde depuis les années 1990. Conséquence directe, les réseaux de transport urbains sont devenus de plus en plus denses et complexes, et les plans réalisés à destination des usagers... difficilement décryptables pour le cerveau humain.

C’est en tout cas ce qu’affirment trois chercheurs dans un article publié dans la revue Science Advances, repéré par le site Pacific Standard. Pour s’en assurer, les chercheurs ont étudié les cartes des 15 plus importants réseaux de transport urbain, pour comprendre comment un usager peut déterminer le chemin le plus court pour se rendre d’un point à un autre, en faisant deux changements au maximum (car il semblerait que nous ne puissions retenir que quatre points distincts sur une carte: le point de départ, la destination et le ou les deux points de transfert).

On a appris récemment que les capacités de stockage de mémoire du cerveau humain étaient exceptionnelles, et équivaudraient selon une comparaison informatique à ce que contient tout l’internet mondial... En revanche, nos capacités de calcul en temps réel sont plus limitées. Les auteurs de l'étude estiment que 80% des trajets possibles à Paris, à New York ou à Tokyo excèdent cette capacité limite, estimée à 8 bits. Le pire scénario d’un trajet de A à B implique de prendre en considération 250 points de connexion possibles sur la même carte, tâche d’autant plus complexe que les réseaux sont devenus multimodaux, et que le trajet peut donc alterner entre métro, bus, tram, train, etc. 

Conclusion:

«La capacité cognitive des êtres humains est limitée et leurs réseaux de transports ont grandi jusqu’à un niveau de complexité qui est au-delà des capacités humaines».

L'humanité s'est donc laissée dépassée par sa créature. Pour ne pas désespérer du génie humain, rappelons que de nombreuses initiatives ont émergé sur internet ces dernières années pour répondre à ce problème récurrent de l’ergonomie des plans de transports urbains. L’une des plus prometteuses consiste à créer une carte alternative par cercles concentriques.

Carte alternative du métro parisien par Max Roberts. Cliquez sur la carte pour l'agrandir.

C’est ce qu’a fait le psychologue Max Roberts avec Londres, Paris ou New York, avec un succès retentissant sur internet. L’idée est de partir d’un point central –typiquement le centre-ville qui sert de repère aux touristes– et d’aider les usagers à s’y rendre ou à s’en éloigner.

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