Monde

Pour Donald Trump, deux rivaux valent mieux qu'un

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 24.02.2016 à 12 h 21

Repéré sur FiveThirtyEight, Slate.com

S'ils veulent barrer la route au favori de la primaire républicaine, un des deux candidats de l'establishment, Cruz ou Rubio, va devoir se désister en faveur de l'autre. Et rapidement.

Ted Cruz, Donald Trump et Marco Rubio lors du débat du 13 février 2016. JIM WATSON / AFP.

Ted Cruz, Donald Trump et Marco Rubio lors du débat du 13 février 2016. JIM WATSON / AFP.

Trois sur quatre. Après une deuxième place dans le caucus de l'Iowa, le 1er février dernier, Donald Trump a donc remporté les trois primaires et caucus suivants. Dernière victoire en date, le Nevada, où le milliardaire américain a écrasé la concurrence (45% des voix). Marco Rubio (arrivé deuxième) et Ted Cruz (troisième) comptent près de vingt points de retard. Et cela renforce un peu plus la possibilité d'une victoire de Trump lors de ces primaires républicaines. À moins que Cruz ou Rubio ne décident d'abandonner et de laisser leur adversaire s'opposer seul à Trump, estime Josh Voorhees sur Slate.com:

«Cruz et Rubio trouveront peut-être du réconfort dans le fait que Trump doit encore prouver aux critiques qu'ils ont tort quand ils indiquent qu'il n'arrivera pas à atteindre les 50% dont il a besoin dans une course où il ne resterait plus que deux hommes. Mais cette théorie se base sur l'idée que Cruz ou Rubio finira par abandonner, une chose qu'aucun des deux ne semble prêt à faire pour l'instant.»

C'est d'ailleurs ce qu'expliquait Harry Enten de FiveThirtyEight, quand il indiquait que la clé pour Marco Rubio était de finir en duel face à Trump. «S'il se passe quoi que ce soit d'autre, ce sera un jeu d'enfant pour Trump.»

Jim Newell l'écrivait déjà après les primaires de Caroline du Sud, quand il expliquait que «la seule chose qui puisse empêcher l'investiture de Donald Trump serait qu'on ne voie plus que deux» candidats dans ce monstre à trois têtes.

Timing serré

Depuis plusieurs semaines, les journalistes de FiveThirtyEight répètent effectivement que Donald Trump a beau réaliser de (très) bons résultats lors de ces premières élections, il pourrait bel et bien avoir atteint un certain plafond de voix, et donc voir les problèmes arriver quand le nombre de ses adversaires se réduira:

«Nous savons qu'il a beaucoup de gens derrière lui. Il l'a prouvé avec ses résultats. Mais il pourrait également avoir un plafond assez bas. Dans ce sens, le “momentum” de Trump pourrait moins compter que pour les autres candidats. Il n'est probablement pas vrai que 100% des votes en faveur de Jeb Bush iront vers Marco Rubio. Trump en récupérerait aussi au passage. Mais il y a pas mal de preuves que Trump est un second choix décevant. C'est aussi pour cela que c'était un bon signe pour lui qu'il atteigne 35% dans le New Hampshire [et 32,5% en Caroline du Sud, et 45% dans le Nevada] plutôt que les 24% qu'il a eus dans l'Iowa. Si vous êtes à 35%, vous n'avez plus besoin de grand chose pour atteindre la majorité. À 24%, c'est beaucoup plus compliqué.»

Cela pourrait continuer sur les mêmes bases. Les prochaines primaires républicaines seront celles du Super Tuesday, le 1er mars, quand douze États voteront en même temps, et délivreront un quart des délégués républicains pour la convention. Les deux candidats ont donc intérêt à ne pas trop tarder à résoudre ce problème –et Cruz semble moins bien placé que Rubio pour remporter la nomination. Le pire serait qu'il continue jusqu'au 15 mars quand les primaires se tiendront dans des États où le gagnant remporte tous les délégués. Comme le racontait Jim Newell:

«Si ce dilemme Cruz-Rubio n'est pas résolu, Trump en tirera profit, et celui-ci sera bien plus élevé qu'une ou deux primaires étatiques: soit il remportera la nomination, soit il ira à la convention pour combattre le candidat arrivé en tête en nombre de délégués. Et dans ce dernier cas, cela ne sera pas beau à voir.»

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