France

Ecoutez Juliette Binoche lire «la lettre que la Maire de Calais n'a pas écrite»

Temps de lecture : 2 min

Dans cet enregistrement, la comédienne prête sa voix à une fiction politique sur Calais.

REUTERS/Pascal Rossignol
REUTERS/Pascal Rossignol

La «jungle» de Calais voit défiler les journalistes, les politiques, Jude Law. Et dans l'incertitude, ce camp ouvert à tous les vents et tous les hommes attend sa possible évacuation par décision du tribunal administratif qui n'aura lieu que ce mercredi 24 ou jeudi 25 février. Comme le rapelle Le Parisien:

«La justice administrative est appelée à trancher dans les prochaines heures sur l'urgence à mener à bien la fermeture de la zone concernée avec l'examen d'un référé de 250 migrants et dix associations pour faire suspendre l'arrêté prononçant “l'expulsion d'office des occupants”.»

Pendant ce temps, Antoine Hennion, sociologue, et Sébastien Thiéry, politologue, tous deux membres du «Pérou», (Pôle des explorations urbaines) ont eu l'idée d'imaginer «la lettre que la Maire de Calais n'a pas écrite». Ils s'imaginent en Natacha Bouchart, maire Les Republicains de la ville, et s'en prennent dans leur fiction à «l'expulsion d'office des occupants», qu'ils estiment être une grossière erreur. La comédienne Juliette Binoche la lit dans cet enregistrement:

«Ce n’est pas 5 000 abris que nous détruirions, c’est une œuvre collective, tentaculaire, dressée malgré les barbelés et la boue», dit le texte. Ce n'est pas une marge “contenue”, immonde, que les machines nettoieraient, c'est une ville-monde, l'identité même de ce qu'est devenue notre ville. Les bulldozers écrasant la Jungle ne détruiraient pas que quelques planches et quelques toiles: c’est Calais même qu’ils enfonceraient dans la boue.»

Les deux auteurs ont choisi de laisser un espoir dans leur texte, et d'imaginer une résolution à ce problème plutôt que de s'indigner contre cette situation. Comme nous l'explique Sébastien Thiéry, qui est aussi coordinateur des actions de Pérou:

«C'est la politique de l'affirmation. Ce n'est qu'une figure rhétorique, mais elle fait du bien. Combien de prises de positions sont faites de façon affirmative? Les paroles d'indignation ne mobilisent plus. On souhaitait faire réentendre qu'il y a bien une solution possible à portée de main.»

Les deux auteurs ont soumis l'idée dimanche à Juliette Binoche, qui a accepté «tout de suite», avant de l'enregistrer ce lundi.

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