Santé / Sciences

Pourquoi les chauves-souris, même infectées, restent en bonne santé

Temps de lecture : 2 min

Des chercheurs australiens ont découvert pourquoi les chauves-souris ne sont pas contaminées par les maladies qu’elles transportent.

 Un spécimen de chauve-souris pygmée | U.S. Fish and Wildlife Service Southeast Region via Flickr CC License by Creative Commons
Un spécimen de chauve-souris pygmée | U.S. Fish and Wildlife Service Southeast Region via Flickr CC License by Creative Commons

Les chauves-souris insectivores sont accusées d’avoir mordu le patient zéro lors de l’épidémie de fièvre Ebola, qui a sévi en Afrique de l’Ouest en 2014 et 2015. Ces mammifères volants transportent de nombreuses maladies, comme la rage. Elles sont toutefois immunisées contre les virus qu’elles convoient, ce qui suscite l’incompréhension des scientifiques.

Une étude publiée en ligne le 22 février 2016 vient néanmoins éclairer cette particularité immunitaire, rapporte le Sydney Morning Herald. Des scientifiques du Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) ont identifié chez les renards volants (ou roussettes), ainsi que chez des chauves-souris singapouriennes, deux protéines nommées «interférons» qui stimulent la production de centaines d’autres protéines combattant les infections virales et renforçant ainsi la réponse immunitaire.

Système immunitaire tout le temps «allumé»

Contrairement aux humains, qui sont dotés de douze interférons, les chauves-souris n’en possèdent que trois. Sauf qu’ils sont actifs en permanence. «Ça a été une surprise, concède la docteure Michelle Baker, co-auteure de l’étude. Ils ont moins d’interférons, mais ceux-ci sont clairement plus efficaces.»

«Contrairement aux humains et aux souris, dont le système immunitaire est activé seulement en réaction à une infection, celui des chauves-souris est tout le temps “allumé”», confirme Baker. Comme le rappelle Wired, toutes les espèces n’ont pas de système immunitaire activé en permanence car les interférons ont aussi des effets secondaires nocifs.

«Si nous pouvons réorienter les réactions immunitaires d’autres espèces pour qu’elles soient similaires à celles des chauves-souris, alors le fort taux de mortalité associé aux maladies comme Ebola pourrait être du passé», avance la scientifique.

Slate.fr

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