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Comment les licornes sont devenues la métaphore de l’extraordinaire

 Une peluche My Little Pony, coqueluche des fans de licornes | Ben Scholzen via Flickr CC License by Creative Commons

Une peluche My Little Pony, coqueluche des fans de licornes | Ben Scholzen via Flickr CC License by Creative Commons

Les licornes ne se résument pas à une frénésie issue des méandres d’internet: l’animal mythique a aussi intégré notre langage et nos figures de style.

Les licornes sont partout, tout le temps. Il est difficile de définir précisément le moment où cet animal fantastique un peu kitsch est devenu à la mode. Qu’elle soit capillaire ou commerciale, la frénésie autour de ces chevaux à corne a progressivement imprégné le langage courant.

Pour les entreprises de la Silicon Valley valorisées à plus d’un milliard de dollars avant même d’être cotées en bourse, on parle de licornes. Pour un joueur de basket au profil atypique, on parle de licorne. Pour décrire une situation tout à fait quotidienne et banale, on dit qu’il ne s’agit pas de licorne.

«Le parc lexico-zoologique des licornes continue de se peupler», constate le Boston Globe. Le terme est devenu un qualificatif à valeur de superlatif absolu, dépouillant au passage d’autres expressions de leur force. «J’aime beaucoup ce nouvel emploi métaphorique de la licorne en tant que modificateur car il contient un élément de surprise, qui rappelle que la chose dont nous sommes en train de parler, un job, un partenaire, etc., n’est pas seulement rare mais n’existe peut-être pas du tout, relève Anne Curzan, professeure d’anglais à l’université du Michigan, auprès du Boston Globe. L’expression “job de rêve” veut théoriquement dire la même chose mais je pense que la notion de rêve est devenue trop commune.»

 

Les métaphores animales ne se sont toutefois jamais cantonnées aux licornes. «Les images fondées sur les objets qui sont à la fois familiers et exotiques (comme les animaux africains, ou imaginaires) marchent grâce à leur cocasserie, explique le lexicographe Orin Hargraves au Boston Globe. Nous parlons de la politique de l’autruche, [...] de zébras, de dinosaures pour quelque chose d’obsolète, etc. Tout ce qui se niche avec force dans l’esprit des enfants est matière à créer des métaphores dans lesquelles on retrouve la qualité de l’objet.»

Mais pourquoi se contenter des licornes, quand il existe des centaines de créatures mythiques prêtes à servir de métaphore au prochain phénomène hors du commun?

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