Des New-Yorkais vivront route de la Cupidité et allée de la Fourberie

Mount Manresa Jesuit Retreat House sur Google Street View.

Mount Manresa Jesuit Retreat House sur Google Street View.

Le maire d’arrondissement a utilisé son pouvoir de nommer les rues pour se venger d’un promoteur immobilier.

Situé sur Staten Island, l’un des cinq arrondissements de la ville de New York, Mount Manresa, un ancien lieu de retraite spirituelle jésuite construit au début du XXe siècle, était un havre de paix non encore rattrapé par l’urbanisation. Mais, en 2013, les jésuites ont vendu le site pour 15 millions de dollars à un promoteur immobilier qui prévoit d’y construire 250 maisons de ville, en dépit de l’opposition des riverains.

Une grande déception pour cex derniers, qui ont vu peu de temps après la vente des ouvriers commencer les travaux et abattre des arbres vieux de 400 ans. Mais ni le promoteur ni les futurs habitants du complexe immobilier ne l’emporteront au paradis. Le site Politico raconte qu’en guise de perfide vengeance le maire d’arrondissement, James Oddo, a utilisé son pouvoir de nommer les rues pour baptiser les voies adjacentes au projet «Cupidity Drive», «Fourberie Lane» et «Avidita Place» («route de la Cupidité», «allée de la Fourberie» et «place de l’Avidité»). Il a préféré ces noms à ceux, consensuels, proposés par le promoteur, dont «Timber Lane», soit «Voie du bois», qui semblait au maire particulièrement inapproprié dans la mesure où des arbres ont été abattus pour construire des logements...

Le promoteur a évidemment fait un recours en justice mais la cour suprême de l’État a validé début février le choix du maire, arguant que les noms de rue choisis étaient faciles à prononcer, pouvaient être aisément compris par un dispatcheur des urgences au téléphone et n’étaient ni injurieux ni grossiers. Il est du ressort du maire de décider si les noms des rues doivent «refléter la cupidité», a tranché le juge.

Mais «cette décision de justice n’est pas une victoire parce qu’elle ne ramènera ni les arbres ni les bâtiments sacrés ni la topographie naturelle» du site, a regretté James Oddo.

Partager cet article