Les éponges de mer, premiers animaux sur Terre?

Un résumé de l'étude menée sur les éponges de mer et leur date d'apparition sur Terre | MIT via YouTube

L'apparition des éponges de mer remonterait à 640 millions d’années en arrière.

Et si le tout premier animal à avoir fait son apparition sur Terre était... l’éponge de mer? Un animal rendu célèbre, ces dernières années, par la série télévisée américaine Bob l’Éponge. C’est la théorie avancée par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ils ont trouvé des fossiles d’une molécule dans une roche vieille de 640 millions d’années et pensent qu’elle aurait fait partie de ces organismes vivants, puisque les éponges de mer la produisent encore aujourd’hui.

Cette découverte permettrait donc de situer l’arrivée sur Terre des éponges de mer bien avant l’explosion cambrienne, survenue il y a environ 540 millions d’années. C’est à cette époque que sont apparus de nombreux organismes multicellulaires (vertébrés, arthropodes...), alors que la vie était majoritairement restée unicellulaire durant près de 3 milliards d’années. Pour décrire cet événement, les scientifiques ont longtemps parlé d’un «big bang biologique du vivant». L’étude du MIT, publiée le 22 février 2016 dans Proceedings of the National Academy of Sciences, vient bousculer cette chronologie.

Début de la vie animale

Les fossiles moléculaires datant d’avant l’explosion cambrienne sont rares mais riches en informations pour étudier les écosystèmes anciens. Ainsi, si le lien entre les molécules retrouvées dans le fossile et celles actuellement contenues dans les éponges de mer est confirmé, le titre du tout premier animal vivant de notre planète leur reviendrait assez logiquement.

David Gold, chercheur au MIT explique:

«Cela entraîne de nouvelles questions: à quoi ressemblaient alors ces organismes? à quoi ressemblait leur environnement? et pourquoi y a-t-il un tel blanc dans le registre fossile? [...] Cela démontre que nous ignorons encore beaucoup de choses sur les débuts de la vie animale, qu’il reste encore de nombreuses découvertes à réaliser. Et cela montre combien les fossiles moléculaires peuvent être utiles, à condition d’être étudiés sérieusement, pour combler ces fossés.»

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