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Pourquoi des Indiens se qualifient d'«anti-nationaux» sur les réseaux sociaux

Temps de lecture : 2 min

Lors d'une manifestation à Calcutta, le 18 février 2016. DIBYANGSHU SARKAR / AFP.
Lors d'une manifestation à Calcutta, le 18 février 2016. DIBYANGSHU SARKAR / AFP.

C'est la nouvelle tendance en Inde, que nous décrit le Washington Post: se qualifier d'«anti-national» sur les réseaux sociaux. La cause? La récente arrestation à New Delhi d'un étudiant, Kanhaiya Kumar, lors d'un événement commémorant la pendaison de Afzal Guru, un terroriste condamné pour avoir planifié une attaque sur le Parlement indien qui avait fait neuf morts en 2001, rapporte le magazine Time:

«Cette arrestation est survenue peu après que le ministre de l'Intérieur Rajnath Singh a qualifié l'événement d'"antinational" et a suscité de larges protestations de la fraternité étudiante de la JNU [la Jawaharlal Nehru University de New Delhi, ndlr] et des activistes de la société civile, qui affirment que le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi écrase les opinions dissidentes et la liberté de parole.»

Depuis, des Indiens se qualifient d'«anti-nationaux» sur Facebook ou Twitter, en nommant à chaque fois des connaissances pour qu'elles continuent la chaîne. Comme l'explique le Washington Post, il existe bien sûr «une menace si vous brisez la chaîne. Si vous n'acceptez pas [le défi] et n'y répondez pas en nommant d'autres persones dans les 24 heures, les anti-nationaux "viendront entonner des chants révolutionnaires de liberté et vous jeter des roses"».

Dans un post en forme d'anaphore publié par le Hindustan Times, le journaliste Rajdeep Sardesai s'est déclaré «fier d'être anti-national»:

«Oui, je suis anti-national car je crois dans une définition étendue de la liberté d'expression. [...] Oui, je suis anti-national car, si je suis embarrassé par les slogans entonnés à la JNU en soutien du terroriste condamné Afzal Guru, je ne les vois pas comme un acte de sédition. [...] Oui, je suis anti-national car je crois que, dans une démocratie pluraliste, nous devons dialoguer avec les séparatistes du Cachemire, de même que nous devons le faire avec ceux qui réclament l'autonomie dans le nord-est du pays. [...] Oui, je suis anti-national car même si je suis fier d'être hindou, [...] j'aime aussi un bon steak. [....] Et par-dessus tout, je suis anti-national car je crois dans le concept d'une constitution républicaine qui place le citoyen et le règne de la loi en son cœur. Personne n'a le droit d'imposer sa vision du "nationalisme culturel" à une société diverse à coups de "une nation, une religion, une culture".»

Slate.fr

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