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Chaque jour, deux enfants réfugiés meurent noyés en Méditerranée

Une femme afghane et son enfant arrivés sur les côtes grecques | REUTERS/Alkis Konstantinidis

Une femme afghane et son enfant arrivés sur les côtes grecques | REUTERS/Alkis Konstantinidis

Depuis le 1er janvier 2016, au moins 410 personnes sont mortes noyées en tentant de rejoindre l’Europe. Les enfants représentant 36% des réfugiés.

En 2015, près de 3.500 migrants sont morts noyés dans la mer Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe, souvent après avoir fui le conflit syrien. En septembre 2015, l’une de ces victimes a particulièrement ému le monde entier. Plusieurs journaux ont publié en une la photo d’Aylan, jeune enfant syrien retrouvé noyé sur une plage turque. Ce cliché, qui a marqué un tournant médiatique fort, a poussé une grande partie de la presse à relayer plus souvent ces tragédies quotidiennes, ces noyades d’enfants avec leur famille intervenues alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Europe. Pas plus tard que le 21 janvier 2016, ils étaient une douzaine, enfants comme adultes, à perdre la vie au large des côtes de la Turquie.

Un rapport, diffusé vendredi 19 février par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, l’Unicef et l’Organisation internationale pour les migrations, livre de nouveaux chiffres terrifiants. Le site Mashable, qui relaie ce rapport, explique que, «en moyenne, deux enfants se noient chaque jour dans la Méditerranée en essayant d’atteindre l’Europe». Un chiffre qui rappelle la une du journal Libération du jeudi 5 novembre, qui posait le même constat, et qui montre que les chiffres n’ont pas évolué depuis la diffusion mondiale du cliché d’Aylan. Depuis septembre, plus de 340 enfants, dont beaucoup de bébés ou de jeunes enfants, se sont noyés en mer entre la Turquie et l’Europe.

Depuis janvier, 410 personnes sont mortes noyées

Un constat d’autant plus inquiétant que les enfants représentant 36% des réfugiés et que, depuis début janvier, au moins 410 personnes sont mortes noyées sur ce parcours migratoire. C’est trente-cinq fois plus que les chiffres reportés en 2015 sur la même période. Le nombre d’enfants trouvant la mort en Méditerranée pourrait donc encore augmenter de manière tragique dans les mois qui viennent:

«Nous ne pouvons pas détourner le visage face à cette tragédie où tant de jeunes innocents ont perdu leur vie et leur avenir, ni échouer dans notre réponse face aux dangers qu’affrontent de plus en plus d’enfants, a déclaré le directeur exécutif de l’Unicef, Anthony Lake. Nous n’avons peut-être pas la capacité de mettre fin au désespoir qui pousse tant de personnes à essayer de traverser la mer, mais les pays peuvent et doivent coopérer pour faire en sorte que de tels voyages soient plus sûrs. Personne ne mettra un enfant sur un bateau si une option plus sûre est disponible.»

Reste à savoir comment se déroulera le sommet entre l’UE et la Turquie, pays de départ des migrants. Prévue début mars, les pays devraient s’accorder pour débloquer 3 milliards d’euros supplémentaires pour tenter de contenir la catastrophe qui se déroule aux portes de l’Europe.

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