Courir est aussi une activité cérébrale (qui booste la production de neurones)

Chez les rats, courir favorise le développement de nouveaux neurones | frankieleon via Flickr CC License by Creative Commons

Chez les rats, courir favorise le développement de nouveaux neurones | frankieleon via Flickr CC License by Creative Commons

Les exercices aérobiques stimulent la création de nouveaux neurones dans l’hippocampe des rats.

Vous détestez courir? Vous allez peut-être trouver une raison intellectuelle de vous y mettre! Une nouvelle étude finlandaise, repérée par Quartz, affirme que la course à pied aide à créer de nouveaux neurones dans le cerveau. Du moins dans celui des rongeurs.

La course à pied est un exercice aérobique qui a pour objectif d’améliorer l’endurance cardiovasculaire en maintenant«une certaine intensité d’exercice sur une période de temps prolongée», comme le définit un document pédagogique portant sur l’EPS de l’Académie de Grenoble. L’étude finlandaise, menée par le psychologue Juha Ahtiainen et ses collègues à l’Université de Jyvaskyla et publiée dans la revue Journal of Physiology, nous apprend que les exercices aérobiques stimulent aussi la création de nouveaux neurones, ce qu’on appelle la neurogenèse, dans l’hippocampe adulte des rongeurs. 

Or, rappelle le CNRS, «on sait aujourd’hui que les nouveaux neurones qui naissent dans l’hippocampe adulte participent aux processus d’apprentissage et de mémorisation». Alors, plus les rats courent, plus ils ont de neurones et de mémoire? Tout dépend de la façon dont est pratiquée la course.

Exercices vs sédentarité

Pour l’étude, les chercheurs ont soumis des groupes de rats de laboratoire à trois types d’exercices (pendant qu’un groupe de rongeurs sédentaires servait de référentiel):

  • Le premier exercice revenait à imiter les entraînements en endurance que font les athlètes. Pour cela, les scientifiques ont mis à disposition des rongeurs une roue, qu’ils pouvaient utiliser à leur gré.
  • D’autres rats ont effectué des exercices dits de résistance semblables à la levée de poids. Ils ont dû grimper sur un mur avec des poids accrochés à leur corps.
  • Le dernier groupe de rats a fait l’équivalent des entraînements fractionnés de haute intensité. Il s’agit d’enchaîner de courts et intenses exercices ponctués de brefs temps de pause. Sur une durée totale de quinze minutes, les rats devaient courir trois minutes au maximum de leurs capacités sur des tapis roulants, avec deux minutes de récupération à chaque fois.

Les rats ont été soumis à cette pratique sportive pendant plusieurs semaines, après quoi leurs cerveaux ont été disséqués pour pouvoir examiner de plus près leur hippocampe, et surtout sa production neuronale.

«Indicateur de ce qui se produit chez les humains»

Résultat: les rats qui couraient de leur propre chef présentaient un niveau de neurogenèse hippocampique plus important que les autres rats, qui n’avaient pas goûté au plaisir de la roue et des exercices aérobiques. En revanche, les entraînements de résistance n’avaient aucun impact sur la production de neurones.

Quant aux effets de l’entraînement fractionné de haute intensité (HIIT) sur la neurogenèse hippocampique des rats, ils se faisaient aussi voir mais étaient très légers comparés au style de vie sédentaire. Juha Ahtiainen fait l’hypothèse que ce type d’activité physique est trop stressante, rapporte Quartz. Or, selon une étude menée par la physiothérapeute Djoeke Saaltink en 2014, le stress peut influer de manière négative sur la production de nouveaux neurones.

Bien que cette étude ait été menée sur des animaux et non sur des humains, elle est révélatrice d’une tendance. Juha Ahtiainen a assuré à Quartz que les rats «se sont révélés dans le passé un véritable indicateur de ce qui se produit chez les humains». 

En 2012, une étude de Michael W. Marlatt, professeur à l’Université d’Amsterdam, avait suggéré que courir lorsque l’on atteint un âge mur permet «d’améliorer la mémoire, la neurogenèse hippocampique et le facteur neurotrophique dérivé du cerveau» chez la souris femelle. Cette protéine, appelée aussi BDNF, stimule la croissance des neurones.

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