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Dans l'affaire qui oppose Apple au FBI, ses rivaux essaient d'avoir le beurre et l'argent du beurre

L'Apple Store de SoHo. Andrew Burton/AFP.

L'Apple Store de SoHo. Andrew Burton/AFP.

Google, Microsoft, Facebook et Twitter prennent garde à ne pas soutenir trop ouvertement l'entreprise de Cupertino.

Les réactions se sont multipliées après la décision d'Apple de ne pas obtempérer à la demande des autorités américaines de leur faciliter l'accès aux données de l'iPhone de Syed Farook, l'un des auteurs de la tuerie de San Bernardino, en décembre dernier. Une demande que le PDG de la marque à la pomme, Tim Cook, a qualifiée de «démarche sans précédent qui menace la sécurité de [ses] clients» et dont «les implications vont beaucoup plus loin que l’affaire en cours».

Le soutien le plus clair dans l'industrie est venu de Jan Koum, le PDG de WhatsApp, qui avait été pris à partie par le directeur du FBI, il y a quelques mois. Du côté de Google, le PDG Sundar Pichai a publié une série de tweets dans la nuit du 17 au 18 février en guise de communiqué. Mais pour Will Oremus, sur Slate.com, ce que n'a pas dit Pichai est plus éclairant que ce qu'il a dit:

«Ce qu'a dit Pichai: "Post important de Tim Cook." (sans mettre le lien)
Ce qu'il n'a pas dit: "Je soutiens la prise de position d'Apple."

Ce qu'a dit Pichai: "Ce pourrait être un précédent inquiétant."
Ce qu'il n'a pas dit: "La demande du FBI est inacceptable."

Ce qu'a dit Pichai: "J'ai hâte d'avoir une discussion à cœur ouvert sur cet important sujet."
Ce qu'il n'a pas dit: "Si Google se trouvait dans la même position, nous ferions la même chose."»

Par ailleurs, il souligne que si Google ne s'est pas montré très direct, les autres géants du web comme Microsoft, Facebook et Twitter n'ont, quant à eux, pas communiqué spécifiquement sur le sujet et ont préféré renvoyer vers un communiqué, d'un groupement associant plusieurs sociétés luttant contre la surveillance gouvernementale, et qui ne mentionne pas directement l'affaire. Ainsi, ils évitent notamment de prendre position sur la question qui consiste à savoir si le FBI demande bien à Apple d'installer des «portes dérobées» ou non:

«En clair, les rivaux d'Apple essaient d'avoir le beurre et l'argent du beurre. Ils veulent donner l'impression de soutenir les droits de leurs utilisateurs pour la sécurité de leurs données, sans pour autant prendre position dans cette affaire. [...] Il est compréhensible que Google, Microsoft et les autres fassent attention de ne pas trop donner leur point de vue sur la bataille judiciaire menée par une autre entreprise. [...] En fait, elles agissent avec la prudence que l'on attend d'entreprises multinationales quand on en vient à parler de sujets politiques sensibles. Mais à leur prudence se joint un certain risque. La bataille d'Apple –peu importe le résultat– va renforcer son image d'entreprise qui tient à la vie privée. La faible réponse de ses rivaux va plaider un peu plus en sa faveur.»

Reste que comme le soulignait justement Wired dès hier, ce combat n'est pas seulement idéologique du côté d'Apple. Il est aussi grandement commercial.

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