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À San Francisco, les créateurs de start-up trouvent que les SDF leur gâchent la vie

Près de 7.000 SDF vivent à San Francisco | Bill Morrow via Flickr CC License by

Près de 7.000 SDF vivent à San Francisco | Bill Morrow via Flickr CC License by

Le fondateur d’une start-up a adressé une lettre ouverte au maire de la ville dans laquelle il écrit qu’il ne devrait pas «avoir à voir la douleur et le désespoir des SDF tous les jours sur le chemin du travail».

San Francisco est une des villes où les loyers sont les plus élevés des États-Unis, notamment parce que la présence de riches salariés de la Silicon Valley a fait exploser les prix de l’immobilier. La cohabitation entre cette élite de la tech et les autres résidents de la ville ne se passe pas toujours bien –il y a notamment eu des manifestations contre les bus privés utilisés par les employés de Facebook, Apple et Google– et l’arrogance de certains jeunes entrepreneurs d’internet ne fait qu’envenimer les choses.

Le dernier clash en date a été déclenché par Justin Keller, le créateur de la start-up Commando.io, qui vit depuis trois ans à San Francisco et vient de publier une lettre ouverte au maire de la ville pour dire qu’il en avait assez de voir des «clochards»:

«Je sais que les gens ne sont pas contents de la gentrification de la ville, mais la réalité c’est que nous vivons dans une société de libre marché. Les travailleurs riches ont mérité leur droit à vivre dans cette ville. Ils ont fait des études, travaillé dur et mérité ce qu’ils ont. Je ne devrais pas avoir à m’inquiéter d’être accosté. Je ne devrais pas avoir à voir la douleur et le désespoir des SDF tous les jours sur le chemin du travail. Quand mes parents viennent me rendre visite, je veux qu’ils passent un bon séjour, qu’ils puissent profiter de ce super endroit.»

Comme le résume Julia Carrie Wong dans le Guardian, Justin Keller n’est pas le seul à être mécontent du grand nombre de SDF (près de 7.000) qui vivent à San Francisco. En revanche, ce qui est unique dans la lettre de Keller, c’est qu’au lieu d’avoir un peu de sympathie pour les gens à la rue son problème principal est la façon dont leur présence affecte sa qualité de vie.

«Comme des hyènes»

Ce n’est pas la première fois qu’un jeune créateur de start-up tient ce genre de discours. Greg Gopman, un autre entrepreneur de la Silicon Valley, s’était exprimé en 2013 sur Facebook, toujours au sujet des SDF:

Dans le centre de San Francisco, les dégénérés se rassemblent comme des hyènes [...]. Ils font comme si c’était leur centre-ville. En réalité c’est le quartier des affaires d’une des villes les plus riches des États-Unis.

 

Vous pouvez prêcher la compassion, l’égalité et être la personne la plus gentille du monde, mais il y a une partie de la ville pour les dégénérés et une partie de la ville pour les classes populaires. Il n’y a rien de positif à ce qu’ils soient si proches de nous.»

La même année, Peter Shih, un autre fondateur de start-up, avait inclus les SDF dans sa liste des dix choses qu’il détestait le plus à San Francisco. Il avait même une super idée pour attirer l’attention des autorités: payer des clochards pour qu’ils prennent les tramways dans le quartier touristique.

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