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Le pétrole est si peu cher que même les pirates n'en volent plus

Le Sirius star, un pétrolier, mais aussi le plus grand navire jamais détourné par des pirates. (Wikicommons)

Le Sirius star, un pétrolier, mais aussi le plus grand navire jamais détourné par des pirates. (Wikicommons)

Détourner un pétrolier ne vaut largement plus le coup.

Si, en tant que conducteur, vous avez eu la bonne surprise de voir que le prix de votre plein a considérablement diminué, la baisse du prix du pétrole ne plaît pas à tout le monde —notamment aux pays dont l’or noir est la principale ressource, comme le Venezuela. Ce dont on se doutait moins, c’est que même les pirates n’y trouvent plus leur compte.

Le pétrole est si peu cher depuis juillet 2015, qu'on n’en vole quasiment plus, selon le site d’information Quartz. À vrai dire, dérober le contenu d’un pétrolier n’est pas une mince affaire –«il faut parvenir à le détourner, l’emmener dans un lieu où il ne peut pas être localisé, transférer des milliers de barils lourds sur un autre bateau, puis finalement trouver un acheteur prêt à devenir complice de recel», énumère Quartz– et le butin n’en vaut tout simplement plus le coup. 

En 2015, le nombre d'actes de piraterie visant des pétroliers a chuté d'environ 25% par rapport aux chiffres de l'année précédente, selon Dryad Maritime, une société de conseil britannique spécialisée dans le domaine maritime.

Une affaire largement moins rentable

«Avec un prix en deçà de 30 dollars le baril, la piraterie n’est plus aussi rentable comparé à l’époque où le prix du baril atteignait 106 dollars», explique Florentina Adenike Ukonga, la secrétaire générale de la Commission du Golfe de Guinée, un organisme régional chargé de la promotion de la coopération entre les États d’Afrique de l’Ouest dont un certain nombre sont exportateurs de pétrole.

En janvier dernier, Patrick Artus –directeur de la recherche de Natixis– estimait dans une interview pour Challenges que l’offre de pétrole excédait la demande de 3 millions de barils par jour. Une conséquence directe sur le prix du pétrole: au point que le contenu du baril est devenu moins cher que son contenant.

La piraterie en déclin depuis 2014

Ceci étant dit, les actes de piraterie ont commencé à décliner avant le prix du pétrole. En 2013, 100 attaques ont été rapportées, dont 56 réussites, selon Oceans Beyond Piracy, une organisation américaine non-gouvernementale qui collecte les données des crimes maritimes. En 2014, le nombre d’attaques chute déjà: 67 attaques sont rapportées, dont 26 fructueuses. Des chiffres à tempérer. Selon Oceans Beyond Piracy, 70% des attaques ne sont pas rapportées. Toutefois, la majorité des actes de piraterie maritime visait des cargos qui transportaient du pétrole ou du carburant.

«Il est probable que l’intérêt des pirates pour les pétroliers s’explique par rapport à la valeur de leur cargaison», rapporte Oceans Beyond Piracy.

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