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Les Fuerdais, cette jeunesse dorée qui fuit la Chine

Des enfants Chinois de classe supérieure prennent des cours de golf le 17 décembre 2010 | STR / AFP

Des enfants Chinois de classe supérieure prennent des cours de golf le 17 décembre 2010 | STR / AFP

Meilleure éducation, investissement et air «pur»: les riches Chinois quittent le pays pour s'installer aux États-Unis, au Canada, ou en Australie. Les Fuerdais émergent, cette nouvelle jeunesse à paillettes fait parler d'elle.

Voitures de luxe, tenues de créateurs et chirurgie plastique. Le quotidien de la jeunesse chinoise riche de Vancouver se résume à ça. Dans un article du New Yorker, la journaliste Jiyang Fan rencontre Weymi Cho. À 20 ans, elle conduit une Maserati Gran Turismo et estime que le bon shopping ne se fait qu'à Los Angeles. Weymi est aussi protagoniste de la série Ultra Rich Asian Girls of Vancouver, littéralement «Les filles asiatiques ultra riches de Vancouver». Cette série diffusée en ligne est adulée par les jeunes Chinois. 

 

Les Fuerdais, littéralement «riches de deuxième génération», exposent leurs richesses sur internet. Avec 11.000 abonnés, Weymi Cho s'est fait connaître sur Instagram.

 

Une photo publiée par Weymi Cho (@weymicho) le

 

Cette jeunesse dorée est critiquée en Occident autant qu'elle est adulée en Chine. Dans les commentaires postés sur les vidéos de l'émission –qui en est à sa deuxième saison–, on lit: «Grandir riches ne vous fera pas du bien», ou «c'est offensant pour les autochtones de Vancouver, nous sommes repoussés pendant que ces personnes achètent tout ici, et au même temps abaissent notre niveau de vie en rendant les prix des habitations plus hauts.» 

Cette richesse nouvelle, apparue après le communisme, est critiquée pour son excès. Weymi Cho rétorque au New Yorker qu'elle «n'offense personne», soutenant qu'elle «vit sa vie».

Les riches Chinois fuient leur pays

En 2015, Forbes citait une étude de LIO Global, qui estime que «91.000 Chinois fortunés se sont installés définitivement à l'étranger sur les derniers quinze ans».

Dans une étude datée de 2014 menée pour le Hurun Report et publiée par Fortune, on apprend que 60% des riches Chinois interviewés ont quitté le pays, ou comptent le quitter. À la vue de ces résultats, le fondateur de Hurun Report décide de mener une autre enquête à laquelle Fortune a eu accès très tôt: où vont les riches Chinois qui quittent leur terre natale?

La destination de prédilection reste l'Amérique du Nord, avec États-Unis (52%) et Canada (21%) en tête. Selon un sondage du Hurun Research Institute daté de janvier 2014, les trois raisons principales de quitter le pays sont l'éducation des enfants, la pollution de l'air, et le haut danger d'intoxication alimentaire en Chine. Des besoins primaires et basiques d'émigrer, qui ont pourtant créé une génération de jeunes riches extravagants.

Dans son dernier film Au-delà des montagnes, le cinéaste Jia Zhang-Ke, fin observateur de l'évolution de son pays, mettait en scène dans sa dernière partie le fils d'un riche chinois exilé en Australie en 2025. Prénommé Dollar, il évoluait dans un univers luxueux et aseptisé, gangréné par le vide. Jia Zhang-Ke expliquait alors à Slate:

«J’ai découvert dans de nombreux endroits, à Los Angeles, à Vancouver, à Toronto ou à New York, des ruptures dans le langage, avec des conséquences profondes. Dans beaucoup de familles chinoises émigrées, seul un des deux parents parle anglais, l’enfant, lui, ne parle que l’anglais. Il y a donc un des deux parents avec lequel il ne peut pas dialoguer. C’est une rupture majeure.»

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