Comment Ronald Reagan est devenu reaganien

Ronald Reagan à l'époque du «General Electric Theater» (via Wikimedia Commons).

Ronald Reagan à l'époque du «General Electric Theater» (via Wikimedia Commons).

Récit de huit années à l’origine de la conversion au conservatisme et de la carrière politique du futur président des États-Unis.

Lorsque Ronald Reagan commence à travailler pour la multinationale General Electric (GE) en 1954, il est politiquement progressiste et plutôt anticommuniste. En 1962, il est devenu à ce point conservateur que le groupe décide de se passer de ses services de porte-parole. Cette période charnière de huit années n’a presque jamais été étudiée, en partie parce qu’elle est moins documentée que les autres. Il s’agit pourtant là d’un moment clé de sa carrière, qui a vu sa vision politique s’affirmer et son talent politique émerger. Reagan a décrit son passage chez GE comme «ses études universitaires en science politique», qui ont vu son idéologie conservatrice se former.

Au début des années 1950, Hollywood est menacé par le nouveau secteur de la télévision, qui émerge à New York. Un des obstacles à la production d’émission de télévision sur la Côte Ouest est une règle du SAG, le syndicat des acteurs, qui leur interdit d’avoir des agents travaillant également comme producteurs, ce qui est perçu comme un conflit d’intérêt. L’agent de Reagan, Lew Wasserman, souhaite devenir producteur de télévision et monte une compagnie séparée, Revue Productions, à cette fin. Mais pour recruter des acteurs, sa société, MCA, doit obtenir une dispense du SAG dont le président, Ronald Reagan, est son propre client. En 1952, le bureau du SAG vote en secret une «dispense générale» à Revue Productions, lui accordant un droit illimité à produire des programmes de télévision. Seuls six membres du bureau, dont Reagan, participent à la discussion et l’une des cinq autres personnes présentes n’est autre que son épouse, Nancy.

Pire encore, Reagan accorde cette faveur juste après que la Warner Bros l’ait viré à un moment où il était sérieusement en manque de liquidités. Il doit encore verser une pension alimentaire à sa première épouse Jane Wyman et l’inscription aux écoles privées pour leurs enfants, Maureen et Michael. Il a une nouvelle fille et une nouvelle maison dans le quartier huppé de Pacific Palissades qu’il doit meubler, doit également rembourser un second prêt et nourrir des chevaux sur un ranch de 130 hectares qu’il vient d’acheter dans les Santa Ynez Mountains. Reagan est à ce point désargenté qu’il est contraint d’accepter un rôle de maître de cérémonie dans un spectacle à Las Vegas, avec canotier et nœud papillon, un travail qu’il exècre.

Le travail stable que la MCA lui trouve en 1954 est dû à la dispense qu’il a accordée à Revue Productions. Il anime un programme de télévision proposé par la MCA à BBDO, l’agence de publicité de la General Electric, pour un salaire mirobolant de 125.000 dollars par an [environ 1,1 million de dollars actuels, NdT]. L’aspect public de ce rôle consiste à présenter et parfois à jouer dans des épisodes d’une demi-heure du General Electric Theater, qui est diffusé tous les dimanches soirs sur CBS. Ce programme est dédié à des adaptations de romans, de pièces de théâtre et de nouvelles, avec régulièrement des stars telles que James Stewart, Jack Benny et Judy Garland. En huit saisons, il devient une sorte de standard du divertissement grand public.

Chaque semaine, le General Electric Theater peut présenter un polar haletant, une comédie romantique ou un drame. Il rencontre rapidement le succès et devient la troisième émission préférée des Américains, juste derrière le Ed Sullivan Show et I Love Lucy, tous deux également sur CBS. Le contenu de l’émission est contrôlé par General Electric, qui souhaite éviter toute controverse et s’assurer que l’émission ne contredit pas son slogan: «Le progrès est notre principal produit.» La famille Reagan est recrutée pour représenter le slogan «Vivez mieux avec l’électricité» dans son nouveau ranch ultramoderne, équipé pour servir de maison témoin aux produits de son employeur. Son logement dispose en effet d’un toit ouvrant au dessus de l’atrium, d’une piscine chauffée avec des lumières dans le bassin, d'interphones dans chaque pièce et d'un système d’éclairage élaboré permettant de produire une variété d’effets colorés. Elle possède également un barbecue électrique, une cave à vin réfrigérée, trois téléviseurs, trois réfrigérateurs, deux congélateurs, deux fours et un lave-vaisselle avec vide-ordures intégré.

La compagnie doit installer un commutateur de 1.500 kilos pour gérer le courant électrique. Une série de publicités de trois minutes représente le couple Reagan parlant à leur petite Patti, alors âgée de trois ans, de leurs «domestiques électriques» tels que l’aspirateur ou la machine a gaufres, qui «rendent la tâche de maman plus facile». Papa dit quant à lui au téléspectateur que «lorsque l’on décide de mieux vivre avec l’électricité, la vie est plus belle, plus complète, plus satisfaisante». Cette affirmation vient très naturellement à Reagan, qui considère les scientifiques comme des magiciens à même de résoudre tous les problèmes, du cancer à la pollution.

Des tournées comme une répétition politique

Sa présence à l’écran est renforcée par son rôle d’ambassadeur pour GE, qui le voit passer près de douze semaines par an en tournée dans les usines de son employeur à travers tout le pays. Après la Seconde Guerre mondiale, le président de GE, Ralph Cordiner, a délégué son autorité sur ses très nombreuses activités, allant du petit électroménager aux moteurs d’avions, à près de 120 directions départementales différentes. Disposer d’un porte-parole connu qui visite tous ces centres opérationnels décentralisés peut aider à promouvoir la politique de l’entreprise et renforcer une culture commune. Au total, Reagan va passer près de deux ans sur la route, visitant 139 usines et s’adressant à la plupart des 250.000 employés de GE. En tournée, il va lui arriver de prononcer quatorze discours par jour, en commençant dans les ateliers de l’usine et en finissant au dîner de la chambre de commerce locale ou du Rotary Club.

Ronald Reagan et son épouse Nancy Davis sur le tournage du film Prisoner of War (1954). FILES-UPI/AFP.

Pour Reagan, ces tournées sont une sorte de répétition politique. Il y apprend comment interagir avec un public, et pas seulement à faire l’acteur devant la caméra avec un micro. Il apprend la manière de tester les blagues et d'améliorer la façon dont il raconte celles qui fonctionne. Il apprend à préserver sa voix et à gérer son énergie durant des semaines de voyages ininterrompus. Il apprend à se présenter non comme une vedette distante de la télévision, mais comme un homme du peuple.

Sa vision politique est, elle aussi, en pleine mutation. Comme il a peur de l’avion, son contrat spécifie qu’il doit voyager en train. Ses voyages, Reagan les effectue en compagnie d’Earl Dunckel, le responsable des relations publiques de GE pour les conférences. Dunckel, qui se définit lui-même comme un archiconservateur, se rappellera ensuite avoir débattu de longues heures durant avec Reagan du New Deal et de Truman. Ces longs voyages en train donnent également à Reagan l’occasion de lire, de penser et d’écrire. Il lit notamment Witness, où l'écrivain Whittaker Chambers justifie son témoignage au procès du juriste Alger Hiss, accusé d'être un espion soviétique –il dira plus tard qu’il le connaissait presque par cœur; La Route de la servitude, de l'économiste libéral Friedrich Hayek; et Economics in One Lesson, un classique de la littérature libérale du journaliste Henry Hazlitt.

Lemuel Boulware, principal négociateur de GE avec les employés et numéro deux de l’entreprise, fait partie des influences plus distantes. Boulware est alors connu pour sa stratégie d’accords par branches, qui voit dans un premier temps la compagnie écouter les demandes des syndicats, faire ensuite des recherches extensives de faisabilité et revenir ensuite vers eux avec ce que Boulware appelle «une offre ferme et juste». Mais pour les responsables des syndicats, cette stratégie se résumait à «déclarer aux employés ce à quoi ils avaient droit avant de les contraindre à l’avaler». Boulware souhaitait contourner les syndicats et parler directement aux employés, en les enrôlant comme «communicants de masse pour GE».

Si nous n’avons pas connaissance d’interactions entre Boulware et Reagan, ce dernier passe plusieurs semaines par an à s’entretenir avec des cadres dirigeants, des responsables d’usines et des employés partageant les visions antirégulation de Boulware. Selon Dunckel, Reagan «ne voulait pas se trouver pris au dépourvu s’ils souhaitaient lui en parler». Le temps passant, les discours de Reagan se mettent de plus en plus à coïncider avec le discours du siège de GE à l’égard du gouvernement fédéral, décrit comme inefficace, irrationnel et interventionniste. Au bout de quelques années, Reagan professe ses inquiétudes sur le «climat des affaires», une expression inventée par Boulware, rapportant de nombreuses histoires sur les «interférences et les boulettes du gouvernement». À présent qu’il ne peut plus dissimuler son revenu sous l’échappatoire fiscal réservé aux seuls acteurs, les taux d’imposition élevés sont devenus une des ses principales préoccupations.

C’est durant ces années de voyages avec Dunckel en 1955 et 1956 que Reagan «en vient à réaliser qu’il n’est plus un démocrate et que le fossé s’est bien trop agrandi pour qu’il puisse le combler», comme il le dira lui-même. En 1957, il revient à son école d’origine, l’Eureka College, pour y faire un discours de remise de diplôme qui fait écho à celui de Fulton, où il avait parlé cinq ans plus tôt de l'Amérique comme d'une «terre promise». Les Américains ont reçu une mission divine. Mais il s’appuie désormais moins sur une vision de peuple élu mais plutôt sur celle du progrès technologique et du consumérisme. Imprégné de Hayek, Hazlitt et Boulware, il met en garde contre la perte de liberté résultant de «la négligence et de l’apathie».

L’Amérique, affirme-t-il, n’est pas loin d’être sur la route de la servitude décrite par Hayek. Elle est en train d’évoluer vers le socialisme sans même s’en rendre compte, en empilant les programmes fédéraux. Le risque n’est pas seulement celui de l’accroissement bureaucratique, mais aussi de voir imposée des limites sur ce que les individus ont le droit d’accomplir. Les personnes qui tentent de construire un socle pour asseoir le mode de vie des Américains sont en fait en train de bâtir un plafond «au dessus duquel nul n’aura le droit de grimper», dit-il. La «belle Amérique» de Reagan en 1953 est devenue «l’affreux gouvernement» en 1957.

Rupture avec le New Deal

C’est à cette date que Reagan rompt de manière décisive avec le libéralisme du New Deal et se met à exposer son alternative. Roosevelt, issu de la classe aisée, considérait le commerce non-régulé comme une menace pour le peuple et le gouvernement comme un héros volant à son secours. Reagan, issu de la classe moyenne, considère que les rôles sont désormais inversés: taxations et régulations sont les méchants, les sociétés et les marchés sont les gentils. Des années avant la Grande Société et le Civil Rights Act de Lyndon Johnson, il définit l’expansion de l’autorité fédérale non seulement comme quelque chose d’inutile, mais également comme la première des menaces aux libertés individuelles.


 

Le discours de 1959, prononcé par Reagan au Waldorf-Astoria de New York devant un aréopage de cadres de General Electric, monte encore d’un cran en affirmant que les périls du communisme et de l’interventionnisme étatique sont intimement liés. Ce discours est la première version documentée de ce qui va devenir le véritable credo politique de Reagan, qui va se concrétiser sous la forme d’un discours de soutien à l'ultra-conservateur Barry Goldwater en 1964. Une fois encore, Reagan affirme que le principal contact physique des Américains avec le gouvernement fédéral a lieu au bureau de poste [c’est en effet le seul bâtiment fédéral présent sur tout le territoire des États-Unis, NdT], «mais aujourd’hui, il n’est presque aucun moment de notre vie quotidienne au cours duquel ne se fasse sentir la main intrusive des réglementations et interférences gouvernementales». Il décrit ce passage du pouvoir de l’individu à des institutions bureaucratiques comme «l’essence même du totalitarisme». C’est exactement ce que les communistes ont prévu. Reagan cite Karl Marx, qui affirmait que la meilleure manière d’imposer le socialisme est de «taxer la classe moyenne jusqu’à ce qu’elle disparaisse» et la remarque de Nikita Khrouchtchev qui affirmait aux Américains que «votre pays est devenu à tel point socialiste que d’ici quinze ans, les causes de conflit entre nos deux nations auront disparu».

Impossible, hélas, de trouver la moindre source pour ces deux citations…

Lorsque Reagan apporte son soutien à Richard Nixon à la présidentielle de 1960, il a «terminé son processus de conversion personnelle», écrira-t-il plus tard. Sa religion est définitivement faite en 1962. Le système conservateur qu’il a fini par élaborer au cours de la décennie écoulée n’est ni celui de Boulware ou de Hayek ou de Buckley, qui sont pourtant des influences majeures; c’est le sien.

L’exemple préféré de Reagan pour dénoncer le socialisme rampant est l’Autorité de la Vallée du Tennessee (TVA), une agence de planification datant du New Deal qui contrôle la production d’électricité et d’eau dans la majeure partie du Sud. Mais cette Autorité est également l’un des plus gros clients de General Electric, et lui achète l’équivalent de cinquante millions de turbines par an. Dans l’autobiographie qu’il publie en 1965, Reagan écrit qu’ayant eu vent de la consternation que provoquent ses attaques au sein de la direction de son employeur, il appelle Cordiner pour en discuter. Cordiner lui déclare qu’en tant qu’employé de GE, il est libre d’exprimer son opinion. En échange, Reagan offre de substituer un autre exemple des intrusions du gouvernement dans ses discours –et ils ne manquent pas. Cordiner lui répond que cela lui faciliterait en effet l’existence.

Mais ce que Reagan omet de mentionner, c’est que l’Agence de la Vallée du Tennessee est alors en train de poursuivre GE en justice à propos d’une entente illégale sur les prix dans laquelle Cordiner est impliqué. Au cours des années 1950, des cadres de General Electric, Westinghouse et d’autres compagnies se sont rencontrés pour truquer les enchères des gros clients. A la fin des années 1960, à l’issue d’une série hautement médiatisée d’auditions au Sénat, le département de la justice inculpe plusieurs cadres de General Electric qui vont en prison. Le groupe paie également des dizaines de millions de dollars d’amendes et d’accords à l’amiable. Ses actions en bourse perdent 40% de leur valeur. La véritable histoire de General Electric et de la TVA dans les années 1960 n’est pas celle d’une compagnie qui se montre réticente à l’idée de critiquer le gouvernement; c’est celle d’une compagnie poursuivie pour avoir tenté d’escroquer le gouvernement. Mais dès cette date, Reagan a développé une cécité totale à l’égard des abus des grandes sociétés, qui n’a d’égale que son incapacité à considérer le gouvernement comme une force potentiellement positive.

Il ne voit plus que les interférences gouvernementales

En mars 1962, le vice-président de General Electric, J. Stanford Smith, informe l’agent de Reagan que la compagnie se passe de ses services et cesse son programme de télévision, en comparant cette décision aux changements de modèles de chez Cadillac: «pour maintenir l’intérêt du public». Le fait que le General Electric Theater ait perdu du terrain face à Bonanza, diffusé sur NBC à la même heure, ainsi que l’accroissement des coûts de production du programme, sont considérés comme de fausses excuses par Ronald Reagan. Ce dernier écrit alors à ses amis que le gouvernement a fait pression sur GE afin que la société ne le licencie, après lui avoir demandé de cesser de faire de la politique et se contenter de vendre des grille-pains, ce qu’il avait refusé. Dans une série de lettres, les représentants de GE insistèrent sur le fait qu’ils n’avaient subi aucune pression et avaient tenté de négocier. «Comme marque de l’intérêt que nous vous portons, nous souhaiterions remplacer tous les appareils ménagers dont vous disposez par nos modèles les plus récents», écrit ainsi Smith à Reagan.

Nancy et Ronald Reagan en 1964, année où le futur président fait campagne pour le candidat républicain Barry Goldwater. US National Archives via Wikimédia Commons.

Mais pas plus la TVA que les audiences n’expliquent entièrement pourquoi GE décide cette année là de se séparer de Reagan. Car tandis que le scandale sur l’entente illégale sur les prix fait encore des remous, Reagan se retrouve au centre d’une nouvelle enquête criminelle antitrust début 1962, visant Hollywood, cette fois. En cause, les décisions prises par la SAG en faveur de la MCA. Grâce à la «dispense générale», la MCA est devenue «la pieuvre», un quasi-monopole contrôlant près de 60% du secteur du divertissement. Reagan ayant signé cette dispense générale en tant que président du SAG en 1952, il se retrouve donc au cœur d’un scandale en pleine explosion. Robert Kennedy, procureur général des États-Unis, convoque un Grand jury fédéral à Los Angeles pour examiner d’éventuelles poursuites criminelles.

Reagan est appelé à témoigner le 5 février 1962. Sur la question cruciale de la décision du SAG d’accorder une dispense à la MCA, son témoignage se limite à une succession de «Je ne me souviens plus». L’enquête du Grand jury ne débouche pas sur la moindre mise en examen. Malgré cela, un procès au civil contre la MCA désigne le SAG (et, par voie de conséquence, Reagan), comme coaccusé. La MCA obtient un accord à l’amiable sur ce point avec le ministère de la Justice en acceptant de vendre son agence artistique. Dans son autobiographie de 1965, Reagan exprime son indignation devant cette interférence gouvernementale injustifiée, en se plaignant du fait que le démantèlement de la MCA a laissé les acteurs sans représentants –alors que l’agence artistique issue de la scission continue de le représenter ainsi que la plupart des autres acteurs.

Quelle que soit l’importance de l’affaire, elle offre en tout cas une bonne explication du renvoi de Reagan. General Electric ne voulait certainement pas d’un porte-parole englué dans un scandale de ce genre et bataillant avec le procureur général des États-Unis alors que l'entreprise était elle-même en train de se sortir d’un scandale équivalent. Reagan fait d’ailleurs le lien lors de son audition devant le grand jury, rappelant au procureur des États-Unis qui l’interroge que GE a viré les employés «avec lesquels vous discutiez récemment, messieurs» –c’est à dire ceux qui avaient fini en prison pour entente illégale sur les prix.

La myopie de Reagan s’étend désormais à toutes les formes de malversation par des entreprises privées; il est presque impossible de trouver la moindre critique formulée à l’égard de l’entreprise après cette date dans ses discours et ses écrits. Il ne voit plus que les interférences du gouvernement dans la vie des entreprises. Robert Kennedy ayant ordonné que ses déclarations d’impôt de 1952 à1955 soient épluchées afin de tenter de trouver la preuve d’éventuels versements de la MCA, Reagan affirme à ses enfants que Kennedy a fait pression sur GE pour faire annuler son programme en raison de ses prises de position politiques. Il affirmera plus tard, à de nombreuses reprises, que si le grand Ralph Cordiner n’avait pas quitté la direction de GE à cette époque, jamais sa société ne l’aurait laissé tomber de la sorte. Sauf que Cordiner n’a pris sa retraite que fin 1963: c’est lui qui a viré Reagan.

Cet article est extrait de Ronald Reagan: The American Presidents Series: The 40th President, 1981-1989 de Jacob Weisberg, publié par Times Books, Henry Holt and Company, LLC. Il est publié et légèrement adapté avec l'aimable autorisation de son auteur et de son éditeur.

 

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