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Le PSG a un peu plus de chances de qualification qu'on ne le dit

Thibault Courtois, le gardien de Chelsea, ne peut pas empêcher Ibrahimovic d'inscrire le premier but des Parisiens. FRANCK FIFE/AFP.

Thibault Courtois, le gardien de Chelsea, ne peut pas empêcher Ibrahimovic d'inscrire le premier but des Parisiens. FRANCK FIFE/AFP.

Depuis vingt ans, le pourcentage de qualifications d'une équipe qui l'emporte à domicile en encaissant un but a tendance à augmenter.

Le PSG a battu Chelsea 2-1 à domicile en huitièmes de finale aller de la Ligue des champions, mardi 16 février. Une victoire séduisante pour l'armada parisienne, car obtenue après un match de haute volée et avec la manière.

«Le buteur de la seconde période Edinson Cavani a donné un avantage aux champions de France à la moitié de ces huitièmes de finale», estimait le Guardian au coup de sifflet final. D'un point de vue statistique cependant, si on se fie aux confrontations passée, cette affirmation est fausse. D'après le chiffre qui a circulé partout après cette première manche, l'équipe de la capitale a 50% de chances de se qualifier pour les quarts de finale après ce succès à domicile, selon les précédents matchs en format aller-retour qui se sont terminés sur le même score en matchs éliminatoires de Ligue des champions. Un résultat «neutre», donc?

Des recherches plus affinées modifient pourtant ce rapport de force de 50-50, qui est en réalité un résultat plutôt grossier. Une étude publiée dans l'European Journal of Operational Research en juin 2015, dans laquelle des chercheurs calculent les probabilités de qualification de l'équipe qui reçoit en première lors d'un match éliminatoire aller-retour en Coupe d'Europe, affirme qu'il est aujourd'hui plus facile de défendre à l'extérieur une victoire étriquée obtenue à domicile.  

À partir d'une batterie de données, dont l'analyse de 6.975 matchs éliminatoires aller-retour toutes coupes d'Europe confondues ou l'évolution du pourcentage de victoires des équipes européennes à domicile, ils sont parvenus à la conclusion que depuis 1997, une équipe qui gagne par un but d'écart à domicile tout en encaissant au moins un but, comme c'est le cas pour le PSG face à Chelsea, a une probabilité de 55,3% d'atteindre le tour suivant. C'est presque 10 points de plus qu'entre 1981 et 1996, où les équipes qui l'emportaient 2-1 à la maison n'avaient que 46,8% de chances d'atteindre le tour suivant. Un ratio qui était encore plus bas entre 1965 et 1980: les clubs dans le même cas de figure n'avaient que 38% de chances de qualification. 

«Il est devenu évident que la réponse à la question de savoir ce qui est un bon résultat lors de la première manche d’un match aller-retour n’est pas statique. Par exemple, ce qui était un résultat neutre pour un club qui reçoit lors du match aller est maintenant un "bon" résultat. [...] Aujourd’hui, une équipe qui joue le premier match à domicile a de meilleures chances de défendre son avantage à l’extérieur», concluent les auteurs de l'étude.

Le PSG peut donc croire un peu plus fort en son étoile et balayer la prédiction de Guus Hiddink, l'entraîneur de Chelsea, qui a annoncé que c'était du «50-50» pour le match retour. 

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