Pour Tim Cook, le FBI demande à Apple de «créer une porte dérobée»

Le FBI a sommé Apple de l’aider à analyser le téléphone de l’auteur de l’attentat de San Bernardino | EFF Photos via Flickr CC License by

Le FBI a sommé Apple de l’aider à analyser le téléphone de l’auteur de l’attentat de San Bernardino | EFF Photos via Flickr CC License by

Apple contre les autorités américaines: épisode 274.

Ce 17 février, vous vous êtes peut-être réveillé en apprenant qu’Apple était «sommé d’aider le FBI pour analyser le téléphone de l’auteur de l’attentat» de San Bernardino, qui avait fait quatorze morts, le 2 décembre 2015, en Californie, dans l’ouest des États-Unis. Comme le détaille Le Monde, «dans son jugement, la magistrate demande notamment au groupe informatique de pourvoir un logiciel utilisable sur l’appareil du suspect −en l’occurrence un iPhone 5C−, qui permettra aux enquêteurs de contourner l’effacement automatique des données. Celles-ci se produisent normalement après un certain nombre de tentatives infructueuses pour deviner le mot de passe de déverrouillage».

L’autre demande, indique la BBC, consiste à ce qu’Apple trouve un moyen d’essayer rapidement plusieurs combinaisons «pour éviter de devoir rentrer chaque combinaison à la main». 

La société américaine avait cinq jours pour contester cette décision. Dans un communiqué publié sur le site d’Apple, Tim Cook a annoncé quelques heures plus tard qu’il allait «s’opposer à cette décision».

«Affaiblissement de la sécurité»

Pour le PDG, c’est «une démarche sans précédent qui menace la sécurité de [ses] clients», et dont «les implications vont beaucoup plus loin que l’affaire en cours».

Il écrit:

«Le FBI veut que nous construisions une nouvelle version du système d’exploitation de l’iPhone, que nous désactivions des fonctionnalités très importantes, pour au final l’installer sur un iPhone récupéré dans le cadre de l’enquête. S’il tombait dans de mauvaises mains, ce logiciel –qui n’existe pas encore– leur permettrait de déverrouiller l’iPhone de n’importe qui. Le FBI peut appeler cela comme il veut, mais ne vous y trompez pas: construire une nouvelle version d’un système d’exploitation qui contourne la sécurité de cette façon revient à créer une porte dérobée. Et les autorités peuvent dire ce qu’elles veulent sur le contrôle qui serait limité à cette affaire, il n’y a aucune garantie d’un tel contrôle.»

Cette réponse avait d’ailleurs été sous-entendue par une journaliste du Washington Post:

«La société pourrait créer un nouveau logiciel pour contourner la fonctionnalité d’effacement des données, mais elle verrait probablement cela comme une “porte dérobée” ou un affaiblissement de la sécurité de l’appareil, et va probablement s’y opposer, indiquent des responsables du secteur.»

Compromis (sans compromission)

TechCrunch indique de son côté que, s’il y a déjà eu plein de commentaires sur le sujet pour savoir si «le FBI demandait bien à Apple de créer une porte dérobée pour l’utiliser dans des cas similaires, il y a plusieurs avis. Techdirt estime que le but de cette décision de justice est la création d’une porte dérobée, tandis que l’organisation de recherche Errata Security affirme que c’est une interprétation excessive du jugement».

Le journaliste spécialisé de la BBC pense ainsi que, dans son combat contre ce jugement, «Apple aura le soutien de ses pairs, et probablement de la plupart de ses utilisateurs». 

Reste que certains –comme Errata Security– estiment que, dans ce cas précis, Apple pourrait bien arriver à aider les enquêteurs sans pour autant compromettre ses principes. C’est un peu technique (vous pouvez lire cet article, en anglais, si vous voulez en savoir plus) mais ça a à voir avec le fait que l’iPhone en question n’est pas le tout dernier modèle, ce qui permettrait à Apple de développer un micrologiciel contournant les obstacles de sécurité pour ce téléphone précisément et facilitant ainsi la tâche aux enquêteurs sans permettre à d’éventuels pirates d’avoir la clef d’accès à tous les iPhones.

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