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Avoir un ami non blanc peut vraiment protéger des accusations de racisme

Quand Nadine Morano se défendait d’être raciste en disant qu’elle avait une amie noire, ce n’était pas forcément une mauvaise stratégie | Ozzy Delaney via Flickr CC License by

Quand Nadine Morano se défendait d’être raciste en disant qu’elle avait une amie noire, ce n’était pas forcément une mauvaise stratégie | Ozzy Delaney via Flickr CC License by

Lorsque des individus ont (ou disent avoir) des amis issus de minorités ethniques, cela leur évite d’être perçus comme racistes. Même s’ils font des remarques racistes.

Tout le monde s’est moqué de Nadine Morano quand elle a déclaré qu’elle n’était pas raciste car sa meilleure amie était «plus noire qu’une arabe» mais, selon un chercheur en psychologie, il s’avère que cette stratégie de «l’amie noire» est efficace.

Pour vérifier si les gens qui disent avoir des amis non blancs sont mieux protégés contre les accusations de racisme, Michael Thai, un doctorant à l’université de Queensland, en Australie, a étudié avec deux autres chercheurs les réactions de 450 Américains face à une personne qui critiquait les asiatiques sur Facebook.

«Cet article est le premier à examiner si avoir des amis issus des minorités protège les personnes des groupes majoritaires de certaines attributions de préjugés. Nous avons démontré que cela les protégeait, mais pas complètement», écrivent les auteurs dans la revue Social Psychology and Personality Science.

Commentaires racistes

Dans la première expérimentation, les participants (dont environ 50% étaient Américains blancs et 50% Américains d’origine asiatique) ont regardé la photo de profil Facebook d’un homme blanc. Dans un cas, il était entouré d’amis blancs sur la photo, avec un seul ami asiatique, dans l’autre, il avait de nombreux amis asiatiques, rapporte le Washington Post. Sur son compte Facebook, il avait écrit un post anti-asiatique, comme «j’en ai marre des asiatiques» ou «les asiatiques sont pénibles».

La deuxième expérience était sans image. Les participants ne voyaient que des posts comme «un de mes meilleurs amis est asiatique, mais j’en ai marre des asiatiques».

Les chercheurs demandaient ensuite aux participants d’évaluer le racisme de cette personne. La majorité d’entre eux trouvait que, malgré ses commentaires racistes, cet homme blanc était moins raciste lorsqu’ils le voyaient en photo entouré d’asiatiques. Le simple fait de dire qu’il avait un ami asiatique avait le même effet que la photo: il était considéré comme moins raciste.

Minorités ethniques

Cet effet «ami asiatique» a convaincu aussi bien les participants américains blancs que ceux qui étaient eux-mêmes d’origine asiatique. Ceci dit, la perception de racisme n’était pas complètement éliminée: elle était simplement moins prononcée.

Le commentaire raciste était également vu comme moins perturbant et offensant lorsque la personne qui le faisait était vue avec des amis asiatiques ou disait avoir des amis asiatiques.

Dans leur article, Michael Thai et ses collègues expliquent qu’il faudrait effectuer des études similaires sur d’autres minorités ethniques:

«Il est possible que l’effet des amitiés avec des minorités varie en fonction du groupe minoritaire désavantagé.»

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