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Le leader des Eagles of Death Metal critique la loi sur le port d'armes en France

Jesse Hughes jouait au Bataclan le soir des attentats à Paris. Comme le très droitier Donald Trump avant lui, il a expliqué avant son concert ce mardi 16 février à l'Olympia vouloir «que tout le monde ait accès aux armes».

Le groupe Eagles of Death Metal est de retour à Paris ce 16 février pour leur premier concert en France depuis celui du du 13-Novembre. À cette occasion, les membres du groupes ont donné plusieurs interviews, à l'AFP, au Monde et à iTélé.

Le chanteur et guitariste du groupe Jesse Hughes a notamment évoqué, de manière assez critique, la loi sur le port d'armes en France. Face à Laurence Ferrari sur iTélé, il détaille:

«Est-ce que votre contrôle du port d'armes a empêché une seule personne de mourir au Bataclan? Si qui que ce soit peut me répondre oui, je veux bien entendre ses arguments, parce que je ne pense pas. Je pense que la seule chose qui les a arrêtés, c'étaient les hommes les plus courageux que j'ai vus de ma vie, qui chargeaient, tête la première vers la mort, avec leurs armes à feu.»

Il continue:

«Je sais que certains ne seront pas d'accord avec moi, mais il me semble que Dieu a fait les hommes et les femmes et, cette nuit-là, les armes les ont rendus égaux. Je déteste que cela soit ainsi. Je pense que je ne changerai pas d'avis tant que tous ceux qui n'ont pas d'armes n'en auront pas tous une sur eux. Parce que je n'ai jamais vu quelqu'un qui en avait une mourir, je veux que tout le monde ait accès aux armes, j'ai vu des gens mourir qui auraient peut-être pu survivre, je ne sais pas...»

Le candidat à la candidature républicaine Donald Trump avait déjà souligné au lendemain des attentats du 13 novembre que, si les personnes présentes au Bataclan ce soir-là avaient eu des armes, «la situation aurait été différente»

«Quand vous voyez qu'à Paris –qui a la législation la plus dure au monde contre les armes– personne n'avait d'arme si ce n'est les méchants... Personne n'avait d'armes, personne! Ils les tuaient un par un et seulement ensuite les forces de l'ordre sont entrées et ont pu tuer les terroristes.»

Interviewé par le magazine français Valeurs actuelles en février, Donald Trump reste très critique vis-à-vis de la loi française et va plus loin«J'ai toujours une arme sur moi. Si j'avais été au Bataclan, je peux vous dire que j'aurais ouvert le feu», déclarait-il dans un entretien à l'hebdomadaire de droite le 11 février. 

«J'en ai rien à foutre de ce qu'il dit»

Des propos avec lesquels deux des membres de Eagles of Death Metal –Jesse Hughes inclus– prennent cependant leur distance ce 15 février dans une interview au Monde. Quand le journaliste du quotidien leur demande s'ils rejoignent ce que dit l'homme politique américain, Jesse Hugues lance: «Ce qu’il dit est absurde… Je n’en ai rien à foutre de ce qu’il dit, cela n’a rien à voir avec nous.» 

Mais l'artiste a pourtant affirmé, en larmes, à Maïtena Biraben du «Grand Journal» de Canal+ en coulisses d'un de leurs concerts: «Je ne suis pas un héros, mais j’aime mes amis. (...) Je ne suis pas un héros mais si j’avais eu une arme, j’aurais pu essayer de faire quelque chose.»

Rappelons que lors de l'attentat à Charlie Hedbo le 7 janvier 2015, le garde du corps du dessinateur Charb, un policier d'élite, était présent et avait son arme. Cela ne l'a pas empêché de mourir ce jour-là, avec d'autres membres de la rédaction.

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